À quelques kilomètres de là, les partisans de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, ont organisé une marche pour un « vendredi de la réconciliation ». Des forces de l'armée et de la police ont été déployées en nombre pour empêcher des heurts entre camps rivaux.
Des manifestations anti-Saleh ont également eu lieu à Taëz, troisième ville du Yémen et haut lieu de la contestation contre le régime. Une mer de manifestants, des centaines de milliers, s'est répandue dans les rues. Des milliers de manifestants ont également défilé à Aden, la capitale du Sud, en appelant au départ du président, ainsi que dans d'autres villes de la région.
M. Saleh s'est adressé à ses partisans répétant qu'il ne lâcherait pas le pouvoir avant l'expiration de son mandat en 2013, en réponse à une proposition de sortie de crise du Conseil de coopération du Golfe (CCG) prévoyant sa démission. « Nous insistons sur notre attachement à la légitimité constitutionnelle, par loyauté envers notre peuple, car nous refusons catégoriquement les tentatives de coups d'État contre la liberté, la démocratie et le pluralisme politique », a-t-il dit. « Nous accueillons favorablement l'initiative des ministres du CCG avec laquelle nous allons coopérer de manière positive dans le cadre de la Constitution », a-t-il insisté, ajoutant : « Que ceux qui veulent parvenir au pouvoir s'en remettent au verdict des urnes. »
Selon une source gouvernementale, le CCG (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar) a proposé « la formation d'un gouvernement d'union. Le président présenterait ensuite sa démission au Parlement dans 30 jours », puis un président intérimaire et le cabinet organiseraient une élection présidentielle dans les 60 jours. Selon un haut responsable de l'opposition, Hassan Zayd, la proposition prévoit « la démission de M. Saleh et la promulgation d'une loi d'amnistie » lui offrant des garanties qu'il ne sera pas inquiété après son départ du pouvoir. Mais les contestataires réclament son jugement. « L'assaillant doit être présenté à la justice », proclamaient des banderoles hier.
L'opposition parlementaire a répété que la formation d'un gouvernement d'union alors que M. Saleh reste au pouvoir était « inacceptable ». « Le départ du président est essentiel à toute solution », a dit son porte-parole.
La répression de la contestation a fait plus de 130 morts, selon un bilan établi à partir de sources médicales et des témoins.
(Source : agences)


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