Le président français, premier dirigeant occidental à avoir reconnu le Conseil national de transition libyen (CNT), créé par l’opposition libyenne, a reçu pour la première fois son chef, Moustapha Abdeljalil, à l’Élysée. Lionel Bonaventure/AFP
Dans la soirée, M. Abdeljalil a déclaré sur France 24 que « la rébellion a obtenu des armes soit en les achetant avec de "l'argent libyen", soit en les recevant de "certains amis", affirmant que le rôle du Qatar était "très limité" ».
Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et l'Union européenne (UE) ont en outre apporté hier leur soutien au CNT.
La veille, Nouri Abdallah Abdoullati, l'un des chefs insurgés de Misrata, avait indiqué que les rebelles demandaient l'envoi de soldats français et britanniques sur la base de principes « humanitaires ». Mais le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, s'est déclaré « tout à fait hostile » à l'éventualité d'une intervention au sol. Lui faisant écho hier, M. Sarkozy a insisté sur le fait que l'envoi de conseillers n'a « absolument rien à voir avec l'envoi de troupes » au sol. La Maison-Blanche a précisé que Washington n'entendait pas non plus déployer de troupes au sol.
Le ministre libyen des Affaires étrangères, Abdelati Laabidi, a déploré l'envoi des ces conseillers, affirmant qu'une telle initiative « prolongerait » le conflit.
Cette décision des alliés intervient au moment où tout commence à manquer à Misrata, la bataille faisant toujours rage. Un tir de mortier a touché à la mi-journée deux médecins ukrainiens, tuant l'homme et blessant grièvement sa consœur, selon des sources médicales à Misrata, assiégée depuis près de deux mois par les forces fidèles à Mouammar Kadhafi.
Navi Pillay, haut-commissaire de l'ONU aux Droits de l'homme, a condamné l'utilisation de bombes à sous-munitions dans cette ville, évoquant « des crimes internationaux ». Moustapha Abdeljalil avait plaidé plus tôt en faveur d'une « intensification » des frappes sur les forces pro-Kadhafi, notamment à Misrata, la tâche restant difficile sur le terrain, l'identification des cibles restant un problème crucial, selon de nombreux analystes. Mouammar Kadhafi « a vite compris que ses chars et ses blindés sont très vulnérables, et il a embarqué ses forces sur des pick-up qu'il est très difficile de distinguer de ceux des insurgés », explique le général de corps aérien (CR) Jean-Patrick Gaviard. Deux avions de combat français Mirage à court de carburant, qui participent vraisemblablement aux opérations, ont par ailleurs effectué hier un atterrissage d'urgence sur l'île de Malte pour se réapprovisionner.
Sur le plan humanitaire, le Programme alimentaire de l'ONU (PAM) a commencé à acheminer par voie terrestre, via la Tunisie, de la nourriture pour 50 000 personnes dans l'extrême ouest du pays, où les combats se sont également intensifiés.
Alors que la situation reste dramatique dans le pays, Saïf al-Islam a réaffirmé que les troupes fidèles au régime l'emporteraient sur les insurgés et qu'un projet de nouvelle Constitution libyenne avait été mis au point, selon la chaîne de télévision al-Arabiya. Saïf al-Islam, qui s'exprimait à la télévision publique libyenne, reprise par al-Arabiya, a accusé le CNT d'être motivé par « le pouvoir et la manne pétrolière ».
La télévision d'État libyenne a par ailleurs diffusé un bref reportage, censé avoir été réalisé hier, où l'on voit le colonel Kadhafi recevant un responsable libyen sous sa tente.
(Source : agences)

