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Liban - Gouvernement

Aoun-Baroud : le duel à fleurets mouchetés

Un vent d'optimisme continue de souffler sur le processus de formation du cabinet. Ainsi, tous les obstacles auraient-ils été aplanis, selon des sources bien informées. Tous, sauf celui du ministère de l'Intérieur, toujours disputé apparemment entre le président de la République, Michel Sleiman, et le chef du bloc parlementaire du Courant patriotique libre, le député Michel Aoun, malgré les rumeurs selon lesquelles le premier aurait bien voulu céder le poste au deuxième, dans le cadre d'un accord global sur la formule ministérielle.
Michel Aoun et le ministre sortant de l'Intérieur, Ziyad Baroud, se sont d'ailleurs livré hier un duel à fleurets mouchetés.
Dans sa conférence de presse, M. Baroud a rejeté l'idée selon laquelle le nœud gordien dans la formation du cabinet serait l'Intérieur. « Les autres questions ont-elles toutes été réglées, notamment en ce qui concerne la question de la représentation sunnite, de la répartition des portefeuilles et des quotas (...) ? Lorsque la région était dans ses meilleurs états, il y avait des difficultés à former le cabinet, qu'en est-il alors maintenant ! » a relevé M. Baroud.
Estimant qu'il ne souhaite en aucun cas constituer le facteur qui bloque la formation du nouveau cabinet, Ziyad Baroud a indiqué qu'il n'aspire à aucun poste et qu'il « ne souhaiterait pas à son pire ennemi de subir les conditions dans lesquelles il a œuvré à l'Intérieur durant les deux ans et demi passés ». Il a également rappelé que le ministère de l'Intérieur avait réussi à organiser des élections législatives très disputées en se tenant à égale distance des deux parties. « Je ne serai pas un obstacle empêchant quiconque d'accéder au ministère de l'Intérieur. Cela est un droit qui appartient à tout le monde. Je ne prétends pas à la perfection et j'ai commis des erreurs. Mais pourquoi avoir attendu trois ans (pour s'en prendre à moi sur ces questions) ? » s'est-il interrogé.
À l'issue de la réunion de son bloc, Michel Aoun, lui, a estimé qu'il appartient à « l'opinion publique de juger (si M. Baroud a accompli ou pas des exploits) ». « Personne ne demande quelque chose aux dépens du ministre Baroud. Mais je tiens à poser la question suivante : les personnes naturalisées d'une manière abusive, leur a-t-il ôté leur nationalité ? Il en était question en Conseil des ministres. Le projet adopté en commission parlementaire de l'Administration et des Lois, a-t-il été mis en application ? » a-t-il indiqué. « Nous n'avons pas entendu M. Baroud protester (contre le gel du projet). Je lui ai posé ces questions, et je ne voulais pas vraiment une réponse au téléphone. Je veux qu'il dise devant tout le monde qui a bloqué le décret. Il existe par ailleurs des demandes de naturalisation bloquées depuis 40 ans. Il les a liquidées. Où sont-elles ? Nous l'ignorons », a poursuivi le chef du CPL, évoquant également d'autres questions comme la décentralisation administrative ou la situation des prisons, en sous-entendant que M. Baroud aurait failli à œuvrer pour le progrès de ces dossiers. « Et je ne veux même pas parler du contrôle des associations qui ont obtenu des permis pour une chose et qui en pratiquent une autre. Il existe 29 écoles illégales qui s'occupent d'affaires très délicates, mais le temps n'est pas opportun pour poser ce problème. Ajoutez à cela le contrôle des municipalités ou l'état de la circulation... Que faut-il encore de plus ? » a ajouté Michel Aoun, tout en se défendant d'attaquer le ministre sortant de l'Intérieur.
Il reste que des sources proches du Premier ministre désigné, Nagib Mikati, estiment que le nouveau cabinet verra le jour après les fêtes pascales, c'est-à-dire après le retour de M. Mikati de sa visite en Grande-Bretagne.
Selon la dernière formule ministérielle envisagée, le camp Sleiman/Mikati/Joumblatt obtiendrait onze portefeuilles, tandis que le camp du 8 Mars en obtiendrait 19. Cependant, des 19 ministres du 8 Mars, deux - un sunnite et un maronite - seraient considérés comme des « ministres-rois », dans la mesure où le premier serait désigné communément par les composantes du 8 Mars avec M. Mikati et le second en vertu d'un accord Aoun-Sleiman.
S'il est désormais acquis que le ministère des Finances ira à un proche de M. Mikati et que les ministères sécuritaires seront dévolus à des membres de l'équipe du président de la République, MM. Sleiman et Mikati insisteraient sur le fait que le bloc du Courant patriotique libre, qui va obtenir 10 portefeuilles au total, ne peut pas avoir en sa possession en même temps l'Énergie et les Télécoms. Interrogé par des journalistes sur cette question spécifique, Michel Aoun a répondu hier : « Quelqu'un vous envoie-t-il pour me poser ces questions et savoir ce que j'en pense ? Qu'ils viennent eux-mêmes me les poser pour savoir si le problème est réellement à mon niveau, et je m'entendrai avec eux. »
Signalons enfin, parmi les commentaires, un empressement manifeste en faveur de la formation du cabinet exprimé hier par le secrétaire général adjoint du Hezbollah, Naïm Kassem, et un mécontentement encore plus manifeste du chef du Congrès populaire libanais, Kamal Chatila, qui s'est rendu auprès du président de la Chambre, Nabih Berry, et de l'ancien Premier ministre Sélim Hoss pour protester contre « la marginalisation du courant arabiste » au sein du nouveau cabinet.
Quant au bloc parlementaire du Courant du futur, il a fait assumer au 8 Mars et au Hezbollah en particulier le retard dans la formation du cabinet et les conséquences négatives de ce vide sur le pays à tous les niveaux.
Un vent d'optimisme continue de souffler sur le processus de formation du cabinet. Ainsi, tous les obstacles auraient-ils été aplanis, selon des sources bien informées. Tous, sauf celui du ministère de l'Intérieur, toujours disputé apparemment entre le président de la République, Michel Sleiman, et le chef du bloc parlementaire du Courant patriotique libre, le député Michel Aoun, malgré les rumeurs selon lesquelles le premier aurait bien voulu céder le poste au deuxième, dans le cadre d'un accord global sur la formule ministérielle. Michel Aoun et le ministre sortant de l'Intérieur, Ziyad Baroud, se sont d'ailleurs livré hier un duel à fleurets mouchetés. Dans sa conférence de presse, M. Baroud a rejeté l'idée selon laquelle le nœud gordien dans la formation du cabinet serait l'Intérieur. « Les autres questions...
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