Le régime du président Blaise Compaoré, déjà confronté à une mutinerie de militaires, fait face à une soudaine colère de commerçants qui ont incendié plusieurs édifices publics à Ouagadougou, pendant le week-end, pour protester contre les pillages des mutins. Ahmad Ouoba/AFP
Pour tenter d'endiguer la contestation, les autorités ont envoyé une délégation à Pô pour discuter avec les soldats en mutinerie, selon une source sécuritaire.
Pô, ville située à 143 km de Ouagadougou, à la frontière ghanéenne, est un symbole pour le président Compaoré qui a dirigé son centre national d'entraînement et de commandement (CNEC). C'est de là que le capitaine Blaise Compaoré est parti avec ses commandos pour renverser le commandant Jean-Baptiste Ouédraogo et installer au pouvoir son ami et compagnon d'armes, Thomas Sankara, en 1983. Ce dernier sera tué en 1987 lors de la prise du pouvoir par M. Compaoré à la suite d'un coup d'État. Tous les éléments de l'actuelle garde présidentielle burkinabè ont été formés à Pô.
Par ailleurs, deux partis d'oppostion, l'Union pour la renaissance/Parti sankariste (UNIR/PS) de Me Bénéwendé Stanislas Sankara, le principal opposant burkinabè, et le Front des forces sociales (FFS), ont annoncé hier que leurs sièges à Ouagadougou ont été attaqués samedi soir par des individus non identifiés qui y ont mis le feu, ensuite éteint.
Le gouvernement a en outre menacé hier de sanctionner les utilisateurs illégaux d'armes à feu, dans un communiqué du ministère de la Sécurité. Il a appelé « au strict respect des textes réglementant l'utilisation des armes et munitions militaires et civiles » et annoncé que « tout contrevenant se verra appliquer toute la rigueur de la loi ».
Le président Compaoré fait face depuis février à une série de contestations de militaires, de la jeunesse, de magistrats et de commerçants. Pour contenir la révolte des militaires qui a repris jeudi à Ouagadougou, le chef de l'État burkinabè a nommé samedi soir de nouveaux responsables à la tête des armées de terre, de l'air et de la gendarmerie. Il a promu des fidèles dont certains étaient ses compagnons au moment de sa prise du pouvoir en 1987. C'est le cas du nouveau chef d'état-major, le colonel-major Honoré Nabéré Traoré, et du nouveau chef de corps de la garde présidentielle, le colonel-major Bouraima Kéré.
(Source : AFP)


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