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Moyen Orient et Monde - Japon

Fukushima : cacophonie dans la communication

Le gouvernement évoque une stabilisation alors que l'accident est classé au même niveau de Tchernobyl.
Les signaux contradictoires envoyés ces derniers jours par les autorités japonaises risquent de semer le doute dans l'opinion sur la gravité réelle de l'accident de Fukushima. L'Agence de sûreté nucléaire japonaise a surpris tout le monde hier en annonçant qu'elle classait désormais à 7, au même rang que la catastrophe de Tchernobyl de 1986, l'accumulation de problèmes à la centrale Fukushima Daiichi (n° 1) depuis le très violent séisme et le tsunami géant du 11 mars. Pourtant quelques heures plus tard, le Premier ministre, Naoto Kan, affirmait que la situation des réacteurs « avance pas à pas vers une stabilisation » et que les émanations radioactives étaient en diminution. Le gouvernement qui a toutefois annoncé avoir retrouvé des traces de strontium, un élément radioactif produit par la fission nucléaire, dans les sols et dans des plantes près de la centrale. Le strontium est hautement radioactif et peut provoquer des leucémies. D'autres éléments radioactifs, l'iode, le césium et le plutonium, ont également été retrouvés.
Les spécialistes jugent cacophonique la communication des autorités nippones, d'autant que la veille, le gouvernement avait écarté le risque de fuite majeure, avant d'annoncer une extension de la zone d'évacuation autour de la centrale. S'ils considèrent que la précédente évaluation de Fukushima au niveau 5 sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES) était trop faible, voire « ridicule », le saut à 7 leur semble injustifié. « Pour moi, cet accident, ce n'est clairement pas Tchernobyl, même si cette décision peut s'expliquer par une réinterprétation prudente des faits et peut-être par un excès de zèle pour se protéger », analyse un spécialiste du secteur nucléaire. Les autorités nippones assurent d'ailleurs que le niveau de radiations émises par la centrale ne représente que 10 % de celui rejeté par Tchernobyl. « Cette évaluation correspond effectivement à nos mesures », confirme Olivier Isnard, expert de l'Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), dépêché à Tokyo. Et le même de rappeler que dans le cas de Tchernobyl, il y avait eu explosion du réacteur, avec des projections qui étaient montées jusqu'à 2 000 mètres d'altitude, avant de se disperser, faits qui ne se sont pas produits à Fukushima. « Il existe dans le cas de Fukushima des conséquences environnementales sévères, mais elles l'étaient bien davantage à Tchernobyl en termes d'étendue du territoire concerné », renchérit son collègue Didier Champion, directeur environnement et intervention du même institut. « Il y a aussi une grande différence entre la façon dont la crise a été gérée au Japon et à Tchernobyl », insiste-t-il, notant qu'une partie de la radioactivité s'est diluée en mer, ce qui a un impact moindre qu'en zone terrestre.
Au Japon, des zones d'évacuation et de mise à l'abri ont été définies au moment des rejets les plus importants, tandis qu'à Tchernobyl, on a laissé les populations vivre sur place. Idem pour la gestion du risque alimentaire, qui a été immédiatement pris en compte au Japon.
L'échelle INES, qui est prise en compte différemment selon les autorités des divers pays, est « réductrice », déplore Didier Champion : « Elle ne permet pas de différencier réellement les accidents. » Selon lui, « alors même que la situation n'est pas stabilisée et qu'on ne mesure pas l'impact global de cet accident inachevé, les reclassements successifs sont difficiles à interpréter ». L'effet risque d'être désastreux, au Japon et surtout à l'étranger où le grand public a déjà tendance à penser que les autorités nippones minimisent le danger depuis le départ.
(Source : agences)
Les signaux contradictoires envoyés ces derniers jours par les autorités japonaises risquent de semer le doute dans l'opinion sur la gravité réelle de l'accident de Fukushima. L'Agence de sûreté nucléaire japonaise a surpris tout le monde hier en annonçant qu'elle classait désormais à 7, au même rang que la catastrophe de Tchernobyl de 1986, l'accumulation de problèmes à la centrale Fukushima Daiichi (n° 1) depuis le très violent séisme et le tsunami géant du 11 mars. Pourtant quelques heures plus tard, le Premier ministre, Naoto Kan, affirmait que la situation des réacteurs « avance pas à pas vers une stabilisation » et que les émanations radioactives étaient en diminution. Le gouvernement qui a toutefois annoncé avoir retrouvé des traces de strontium, un élément radioactif produit par la fission nucléaire,...
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