De telles conclusions font écho à la vague de protestations qui ont touché ou touchent encore les États du monde arabe. La Tunisie et l'Égypte affichent des taux de croissance annuels moyens de 5 % ou plus, ce qui devrait suffire à réduire la pauvreté. Mais cette dynamique ne profite pas aux populations et conduit davantage à la répression, la corruption et la hausse du chômage.
La Banque mondiale montre que dans les pays qui ont mis fin aux périodes de violence et de conflit, les gouvernements se sont en priorité concentrés sur des réformes dans les domaines de la sécurité, de la justice et de l'emploi. Et à chaque fois qu'un de ces éléments a manqué, la transition a généralement échoué. « Si nous voulons mettre fin aux cycles de violence et atténuer les tensions qui les provoquent, les États doivent développer des institutions nationales plus légitimes », a indiqué le président de la Banque mondiale Robert Zoellick.
Le rapport indique également que dans les pays en période de transition après un conflit, les gouvernements ne peuvent pas résoudre les problèmes seuls, mais doivent former des coalitions avec la société civile pour obtenir du soutien. Les dirigeants doivent en outre pouvoir revendiquer deux ou trois « succès rapides » pour générer de la confiance au sein de la population, comme le montrent les exemples d'Haïti, de l'Afrique du Sud, de l'Irlande du Nord, du Rwanda, du Cambodge, de la Colombie ou encore du Liberia qui ont eux aussi eu leur lot de violence et de conflit.
Le rapport met en avant cinq méthodes pratiques utilisées par différents pays pour inscrire des mesures rapides de rétablissement de la confiance dans un cycle réformateur à plus long terme. Elles comprennent un travail avec des groupes de la société civile dans les domaines de la police, de l'emploi et de l'accès aux services, la création d'un grand nombre d'emplois via le secteur public, la mise en place de programmes de sécurité et de justice, l'implication des femmes dans l'élaboration et la mise en application de projets et la fin de la corruption.
La Banque mondiale recense plus de 1,5 milliard de personnes dans le monde affectées par des conflits et des violences, ce qui représente un défi de développement important pour les gouvernements et la communauté internationale.
Le rapport estime que les pays dans lesquels l'efficacité des gouvernements, le principe du droit et le contrôle de la corruption sont faibles ont 30 à 45 % de risques supplémentaires de connaître des guerres civiles et encore davantage de connaître des violences criminelles extrêmes.
(Source : Reuters)

