Depuis le référendum de janvier sur l'indépendance du Sud-Soudan, des centaines de personnes, dont de nombreux civils, ont été tuées lors de combats entre rebelles et armée sudiste et quelque 16 000 personnes ont dû fuir leurs maisons. Le référendum, qui a vu la victoire à la quasi-unanimité de l'option sécessionniste, s'était pourtant bien déroulé. Mais aujourd'hui, les tensions sont de plus en plus palpables.
Un journal nordiste a affirmé qu'un conseiller du président sudiste, le général Alfred Ladu Gore, et d'autres hauts responsables - dont le commandant adjoint de l'armée sudiste Paulino Matip - participaient à un complot avec des rebelles contre le chef de l'État sudiste, Salva Kiir. Le général Gore a contesté ces informations, mais il n'a pas accusé Khartoum, affirmant au contraire que cette histoire avait été « concoctée à Juba » pour salir son nom et celui d'autres responsables. Selon lui, sept responsables, dont lui-même, ont été menacés d'assassinat.
Face à la course au pouvoir dans laquelle leurs dirigeants s'engagent, beaucoup d'habitants du Sud, qui compte plus de 60 ethnies ou groupes linguistiques, redoutent de les voir s'entredéchirer au détriment de la paix. L'International Crisis Group prévient lui aussi que « des griefs longtemps réprimés ont refait surface et menacent d'instabilité à la veille de l'indépendance », appelant à « une ouverture de l'espace politique et une transition participative ».
Des universitaires ont prévenu que d'énormes efforts seraient nécessaires pour unifier le Sud. Selon le professeur sudiste Jok Madut Jok, qui enseigne aux États-Unis, beaucoup de nations ont traversé de longues luttes avant de forger leur identité collective : « Les nations se font, elles ne naissent pas. »
(Source : AFP)

