Jamhour commémore l'Annonciation pour la 5e fois déjà entre chrétiens et musulmans, sans célébration religieuse spécifique. L'idée directrice des organisateurs de ces rencontres est d'affermir nos liens en nous appuyant sur l'ensemble de nos valeurs communes, à commencer par la très symbolique mesure (adoptée par décision du Conseil des ministres le 18 février 2010) de faire du 25 mars une fête nationale; le fait étant que, pour la majorité d'entre nous, Marie reste Vierge et Mère de Jésus, et c'est bien l'Ange du Seigneur qui lui a annoncé la naissance du Christ. L'événement se limite aujourd'hui à l'Annonciation en raison de nos disparités sur les autres questions de foi, comme l'Assomption.
Ce 25 mars 2011, le supérieur général des jésuites, père Adolfo Nicolás, a insisté sur la nécessité de dialogue entre cultures et religions différentes dans ce monde globalisé, marqué par de profonds changements ; et de citer en exemple le professeur Hicham Nashabé (musulman) et le regretté père Augustin Dupré la Tour (jésuite) qui ont fondé ensemble il y a cinquante ans déjà l'Institut d'études islamo-chrétiennes pour mettre en évidence nombre de valeurs que nous partageons.
Dans la même logique de cet événement du « 25 mars autour de Marie », accrochons-nous donc à nos valeurs communes comme le monothéisme, l'amour, la tolérance, le partage et la charité pour barrer la route à la bagarre à chaque fois que le malin nous dressera les uns contre les autres ou nous en donnera tout simplement l'idée ; et acceptons-nous mutuellement en ménageant non seulement nos différences, mais aussi nos contraintes respectives pour éviter toute mesure dont le résultat ultime serait au détriment soit des uns, soit des autres. Cela n'est possible qu'en relativisant les choses et en modérant nos objectifs pour autant que le jusqu'auboutisme fera basculer la balance. Car cette modération d'objectifs protège raisonnablement le commun et laisse harmonieusement la marge nécessaire et suffisante pour le respect des particularités de chacune des communautés, garantissant ainsi l'unité dans la diversité. Cette approche relève de la sagesse et si nous savons l'apprécier, nous nous en réjouirons plutôt que de nous aventurer dans l'utopisme de certains idéaux hors portée.
Décidément, ce prototype bien singulier qu'est le Liban - pays de toute petite superficie mais de valeur inestimable, privilégié par le nombre de fois qu'il est cité dans la Sainte Bible (avec ses cèdres millénaires) - n'aura pas fini de fatiguer une partie du monde et d'étonner le reste, très précisément par le message dont il est aujourd'hui l'unique porteur.
Désolé pour ceux qui en sont fatigués !

