« J'appelle l'ONU à annuler immédiatement le rapport Goldstone. Il faut jeter ce rapport dans les poubelles de l'histoire », a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans le cadre d'une offensive médiatique et diplomatique destinée à rehausser l'image internationale d'Israël. « Il faut à présent multiplier les efforts pour que ce rapport soit annulé, et je vais m'y employer », a souligné le ministre de la Défense, Ehud Barak, après avoir demandé au juge Goldstone de « publier ses conclusions actuelles » sans se contenter d'un simple article de presse. Le président israélien Shimon Peres a appelé pour sa part le juge « à s'excuser, pour avoir accusé Israël de crimes de guerre et ignoré que l'offensive d'autodéfense "Plomb durci" avait été lancée en riposte à des milliers de roquettes tirées (depuis Gaza) contre des civils innocents ». L'ancien ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Gillerman, s'est félicité à la radio militaire de la nouvelle prise de position du juge Goldstone, soulignant qu'elle venait après une série d'interventions israéliennes pour le faire changer d'avis. Tous les journaux israéliens ont consacré dimanche leur première page aux « regrets » du magistrat sud-africain.
En face, le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, s'est déclaré « choqué par la position du juge ». Il a souligné que le rapport mandaté par l'ONU « n'est pas la propriété privée du juge Goldstone » compte tenu du fait qu'il n'en était pas le seul auteur et il a réitéré son appel à l'ONU à le mettre en application. Le Hamas avait dénoncé dans un premier temps ce rapport comme « déséquilibré ». Le groupe radical Jihad islamique a dénoncé « la reculade du juge Richard Goldstone » lui reprochant « d'avoir cédé aux pressions du lobby sioniste ». La dévastatrice offensive israélienne avait coûté la vie à 1 400 Palestiniens, en majorité des civils, et à 13 Israéliens, pour la plupart des militaires.
Par ailleurs, l'ensemble des branches armées des mouvements palestiniens de la bande de Gaza a menacé hier Israël de représailles pour ses « crimes », après un raid samedi qui a coûté la vie à trois membres de l'aile militaire du Hamas. « Ce crime odieux ne restera pas impuni et l'ennemi devra en supporter les conséquences », ont affirmé des porte-parole des groupes armés palestiniens, lisant un communiqué conjoint. « Les factions de la résistance étudient la réplique à ce crime et disposent de plusieurs options pour dissuader l'occupant et la résistance se mettra d'accord là-dessus en fonction de son appréciation de la situation sur le terrain », selon le texte, laissant entendre que la riposte ne serait pas immédiate. Le Hamas, lui, a mis en garde samedi Israël contre toute « escalade » dans la bande de Gaza, qui compromettrait une trêve fragile avec l'État hébreu.
(Source : AFP)

