Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Libye

Les insurgés prêts à un cessez-le-feu sous conditions

Alors que de violents combats continuaient d'opposer, notamment à Brega et Misrata, les forces du colonel Kadhafi aux insurgés, ces derniers se sont dit, hier, prêts à un cessez-le-feu sous conditions. Les conditions étant : la fin du siège des villes rebelles et la liberté d'expression pour les « frères » de l'Ouest. En soirée, Tripoli a rejeté ces conditions.

Deux Tchadiens, capturés à Ajdabiyah, sont surveillés par des insurgés. Andrew Winning/Reuters

Le site pétrolier de Brega, dans l'est de la Libye, a été hier le théâtre d'intenses combats entre les forces de Mouammar Kadhafi et les rebelles. En milieu de journée, il était impossible de savoir de source indépendante qui contrôlait la localité. Les rebelles bloquaient la route vers Brega, avec des pick-up garés en travers de la chaussée à une trentaine de kilomètres à l'ouest d'Ajdabiya. En fin d'après-midi, les combats à l'artillerie lourde continuaient, les rebelles utilisaient des lance-roquettes multiples de gros calibre et le bruit des détonations résonnait jusqu'à Ajdabiya.
Après avoir battu en retraite sous les bombardements de la coalition internationale, les troupes de Mouammar Kadhafi ont marqué des points sur le terrain ces derniers jours, reprenant plusieurs localités aux insurgés, en particulier le site pétrolier de Ras Lanouf.
Hier, les troupes loyalistes ont donné l'assaut à Misrata par l'est et par l'ouest, mais également par le nord en venant de la mer. « Ils s'en prennent à tous, même aux civils », a déclaré un insurgé. L'attaque aurait été repoussée, selon un habitant. Les rebelles affirment tenir le centre de la ville ainsi que le quartier du port.
Au total, 11 personnes dont huit civils ont péri en trois jours dans la zone disputée, selon des sources médicales à Ajdabiya, à 80 km à l'est de Brega : cinq civils sont morts mercredi, trois jeudi et trois rebelles hier. De plus, 10 insurgés ont été blessés. Les versions divergeaient cependant sur les circonstances exactes de la mort des civils, l'une affirmant qu'ils avaient été tués dans des raids aériens de la coalition internationale et l'autre disant qu'ils l'avaient été par les forces du colonel Kadhafi.
Selon le plus haut gradé américain, l'amiral Mike Mullen, les conditions météorologiques ont réduit ces derniers jours l'efficacité des frappes de la coalition internationale, dans la mesure où les avions ne pouvaient pas toujours « voir les cibles avec précision ».
De leur côté, les rebelles, sous-équipés et moins bien organisés que l'armée loyaliste, ont tenté hier matin de remettre de l'ordre dans leur organisation. Devant la porte ouest d'Ajdabiya, Abdelkarim Mansouri, un officier de réserve de 54 ans en charge du poste de contrôle, criait les nouvelles consignes : « Plus de civils ! Plus de voitures civiles. Seuls les soldats et le ravitaillement peuvent passer ! » Il s'agit là d'une « nouvelle tactique », a-t-il expliqué. « On ne veut plus que les jeunes se fassent tuer. La guerre n'est pas une distraction », a-t-il ajouté. Et alors qu'une voiture blanche tentait de forcer le passage, le ton montait subitement et des gifles partaient. « J'ai dit aucune voiture ! C'est quoi, ça ? Le premier qui laisse passer une voiture civile sera considéré comme un traître ! » hurlait Mansouri, avant d'ajouter : « Si on veut réussir à chasser Kadhafi, il faut s'organiser. »
Pendant ce temps, à Benghazi, fief des rebelles à 160 km au nord d'Ajdabiya, Moustapha Abdeljalil, chef du Conseil national de transition (CNT), s'est dit prêt à respecter un cessez-le-feu, à deux conditions. « Nous sommes prêts à un cessez-le-feu à condition que nos frères dans les villes de l'ouest puissent s'exprimer librement et que les forces (pro-Kadhafi) qui assiègent nos villes se retirent », a-t-il expliqué. Il s'exprimait après une rencontre avec l'envoyé spécial de l'ONU en Libye, le Jordanien Abdel Ilah Khatib, qui a affirmé que le principal objectif de l'ONU était d'obtenir « un cessez-le-feu durable ».
Les puissances occidentales cherchent une solution politique plutôt que militaire au conflit, qui a éclaté le 15 février avec les premières manifestations en faveur de la démocratie à Benghazi. « La situation en Libye ne peut pas être résolue par des moyens militaires », a insisté le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle.
Parallèlement, un proche conseiller du clan Kadhafi, en visite dans sa famille à Londres, est reparti porteur d'un « message fort » du gouvernement britannique au régime Kadhafi, selon une source gouvernementale à Londres. Selon le quotidien britannique The Guardian et la BBC, Mohammad Ismail aurait été envoyé à Londres pour tenter de trouver une porte de sortie au dirigeant libyen. Ces derniers jours, Mouammar Kadhafi a subi un revers important sur le plan politique avec la défection, annoncée mercredi soir, de l'une des principales figures du régime, le ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa. Ce dernier avait activement participé ces dernières années au retour de la Libye dans le concert des nations fréquentables.
(Source : agences)
Le site pétrolier de Brega, dans l'est de la Libye, a été hier le théâtre d'intenses combats entre les forces de Mouammar Kadhafi et les rebelles. En milieu de journée, il était impossible de savoir de source indépendante qui contrôlait la localité. Les rebelles bloquaient la route vers Brega, avec des pick-up garés en travers de la chaussée à une trentaine de kilomètres à l'ouest d'Ajdabiya. En fin d'après-midi, les combats à l'artillerie lourde continuaient, les rebelles utilisaient des lance-roquettes multiples de gros calibre et le bruit des détonations résonnait jusqu'à Ajdabiya.Après avoir battu en retraite sous les bombardements de la coalition internationale, les troupes de Mouammar Kadhafi ont marqué des points sur le terrain ces derniers jours, reprenant plusieurs localités aux insurgés, en particulier...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut