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Liban

Solutions environnementales : à quel prix ?

Le ministère de l'Environnement et la Banque mondiale (BM) ont lancé hier la version non finale d'une nouvelle analyse environnementale du pays, au cours d'une conférence aux bureaux de la BM à Beyrouth.

Le Liban a dépensé de fortes sommes sur des mesures de protection de l'environnement, notamment en matière d'eau et de déchets, mais les résultats justifient-ils les dépenses ? Comment peut-on améliorer le rapport entre ces dépenses et des résultats plus concrets ? Tel est l'objectif du « Lebanon Country Environmental Analysis » (CEA), préparé conjointement par le ministère de l'Environnement et la BM, dont une première version a été discutée hier au cours d'une conférence.
« L'objectif direct de cette étude est d'estimer le coût des mesures nécessaires pour améliorer l'état de l'environnement, notamment au niveau des déchets solides et liquides, et de le comparer aux dépenses actuelles sur ces deux secteurs et sur l'environnement en général, a déclaré Mohammad Rahhal, ministre sortant de l'Environnement. L'objectif plus général reste de traduire cette analyse en politique de réforme du secteur de l'environnement, notamment dans son aspect institutionnel. »
Que donne cette comparaison ? Peut-on dire que l'État a trop dépensé pour trop peu de résultats ? Chérif Arif, de la BM, pense que c'est plus complexe que cela. « En fait, les dépenses n'ont pas donné les bénéfices écologiques escomptés », précise-t-il à L'Orient-Le Jour. Qu'apporterait le rapport alors à ce niveau ? « Il conférera à l'État les moyens de maximiser les dépenses en fonction des bénéfices environnementaux générés et du recul de la dégradation, poursuit-il. Nous allons présenter une méthodologie à l'intention des gouvernements. À titre d'exemple, le gouvernement libanais a un plan très ambitieux pour traiter les eaux usées. Comme d'autres gouvernements, il a mis au point un plan très technique. Nous l'encouragerons à se demander si, une fois ce plan mis en marche, la qualité de l'eau s'en trouverait nettement améliorée, et à agir en conséquence. »
Dans son intervention, M. Arif avait rappelé que le coût de la dégradation environnementale est élevé au Liban - quelque 3,5 % du PNB -, les dépenses sur ce secteur le sont aussi, à peu près 1,2 % du PNB. Il a ajouté que les dépenses sur les déchets solides et les eaux usées n'ont pas été « calibrées » pour maximiser les bénéfices environnementaux. À titre d'exemple, le coût de traitement de la tonne de déchets est de 95 dollars (sans compter la collecte), le plus élevé du Moyen-Orient. Il a également noté certaines lacunes institutionnelles comme la coordination qui est confinée au seul Conseil des ministres. M. Arif a affirmé que le CEA limitera les recommandations à trois piliers majeurs : le renforcement de la gouvernance écologique et l'échange d'informations, la gestion des risques environnementaux et l'amélioration de la programmation et de la rentabilité des investissements en matière de bénéfices écologiques dans les secteurs des déchets et des eaux usées.
Fady Doumani, de la BM, a donné plus de détails du rapport qui sera publié, dans sa version finale, dans les prochains mois. Signalant que le budget du ministère de l'Environnement est l'un des plus bas du gouvernement, largement dépassé par les dons et les prêts de donateurs, il a estimé les dépenses globales de l'État relatives aux secteurs de l'environnement à une somme non négligeable. À ce sujet, le rapport souligne que la part du lion est réservée à l'eau, suivie des déchets ménagers, puis des eaux usées. Enfin, il constate qu'en matière d'efficience (coût par rapport au résultat), d'efficacité (relative au service assuré) et d'équité (entre les différentes régions), les résultats sont peu reluisants pour les différents secteurs.

Le Liban a dépensé de fortes sommes sur des mesures de protection de l'environnement, notamment en matière d'eau et de déchets, mais les résultats justifient-ils les dépenses ? Comment peut-on améliorer le rapport entre ces dépenses et des résultats plus concrets ? Tel est l'objectif du « Lebanon Country Environmental Analysis » (CEA), préparé conjointement par le ministère de l'Environnement et la BM, dont une première version a été discutée hier au cours d'une conférence. « L'objectif direct de cette étude est d'estimer le coût des mesures nécessaires pour améliorer l'état de l'environnement, notamment au niveau des déchets solides et liquides, et de le comparer aux dépenses actuelles sur ces deux secteurs et sur l'environnement en général, a déclaré Mohammad Rahhal, ministre sortant de...
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