Devant le siège de l’ambassade de Syrie à Hamra, des Syriens embrassent le portrait de leur président. Photo AFP
En dépit du démenti officiel syrien sur un éventuel rôle libanais dans les événements en Syrie, M. Kassem Hachem, député du Baas prosyrien, et plusieurs autres pôles du 8 Mars ont continué d'affirmer le contraire. « Certaines forces du 14 Mars s'activent à travers Internet et plus particulièrement Facebook pour inciter aux troubles dans les villes syriennes », a-t-il dit, indiquant qu' « un dossier documenté est en train d'être établi à ce sujet ». Selon lui, ces documents comportent des noms et « prouvent l'implication d'un service de sécurité dans les opérations d'incitation ». « De l'argent a été offert à des ouvriers syriens pour qu'ils participent aux manifestations en Syrie », a-t-il affirmé.
L'ancien ministre Wi'am Wahhab s'est montré plus prudent à ce sujet en soulignant qu'il ne peut accuser qui que ce soit au Liban d'être impliqué dans les troubles qui secouent le pays voisin « sur base d'informations de presse non documentées ». « Un député ou une personnalité politique pourraient l'être, mais le lieutenant-colonel Wissam Hassan ou (le Premier ministre sortant) Saad Hariri sont suffisamment intelligents pour ne pas s'engager dans une telle affaire », a-t-il déclaré dans une interview à la LBCI, tout en admettant « souhaiter personnellement que le Courant du futur soit impliqué ». « S'il l'était, ce serait trop grave pour lui et pour le Liban », a-t-il dit.
La réponse du Courant du futur
Le Courant du futur a réagi violemment à ces accusations qu'il juge infondées. Le député Riad Rahhal a stigmatisé « des mensonges qui sont le fruit d'esprits malades ». Dans une intervention à la chaîne d'infos al-Mostaqbal, il a rejeté les informations relatives à l'envoi de bateaux chargés d'armes aux villages côtiers syriens, affirmant que « tous savent qui amène les armes de la Syrie vers la Syrie ». « Et ceux qui les introduisent dans le pays savent très bien comment les rendre », a-t-il dit sur un ton plein de sous-entendus. « Nous n'avons rien à avoir dans ce qui se passe sur les bords du Barada. Tout comme nous refusons les interventions externes dans nos affaires, nous ne nous mêlons des affaires de personne », a-t-il ajouté.
Le député Mohammad Kabbara a de son côté vivement reproché au général Michel Aoun d'avoir fait part de l'envoi de ces bateaux à partir du port de Tripoli, « comme s'il n'avait d'autre ennemi que cette ville ». M. Kabbara a mis en évidence le caractère strict des mesures de sécurité appliquées au port de Tripoli par l'armée, les FSI et les douanes, ainsi que celles qui sont en vigueur dans les ports syriens. « Si le général (Aoun) s'inquiète vraiment des ports et des voies de passage, qu'il se préoccupe des voies de passage terrestres, aériennes et maritimes contrôlées par ses maîtres, comme le port de Beyrouth, l'aéroport, les ports de Tyr et d'Ouzaï, ainsi que les criques incontrôlées entre Saïda et Tyr où il trouvera assurément tout genre d'équipements interdits et où les armes sont importées et exportées pour porter un coup à la stabilité des pays arabes », a souligné M. Kabbara dans une déclaration à la presse.
« Tout régime soumis à une pression populaire pour des raisons qu'il connaît bien opère une fuite en avant en lançant des accusations à gauche et à droite et en essayant de faire assumer à des parties externes la responsabilité de l'opposition à sa politique », a constaté pour sa part l'ancien député Moustapha Allouche, affirmant que « les principes du Courant du futur (dont il fait partie) ne lui permettent pas de s'immiscer dans les affaires des autres ».
Loin de cette polémique, les manifestations d'appui au président Bachar el-Assad se sont poursuivies à Beyrouth devant le siège de l'ambassade de Syrie à Hamra ainsi que dans quelques localités libanaises où le parti Baas prosyrien est présent, notamment à Baalbeck, à Siddikine et à Tyr, au Liban-Sud.
Par ailleurs, à Jabal Mohsen, à majorité alaouite, des coups de feu ont été entendus au moment où le président syrien tenait son discours.

