Robert Mouawad et les bijoux, une complicité naturelle.
L'atelier familial, modeste, dont il hérite, est spécialisé dans la fabrication de bijoux et l'entretien des montres de valeur. Robert Mouawad entreprend de le développer, le transformant en une petite fabrique qui tourne avec des moyens de production manuels et un outillage léger. En 1968, il fait appel à des équipements et des techniciens européens et augmente le nombre d'usines et de salles d'expositions dans les pays arabes puis en Europe, en Amérique et jusqu'en Extrême-Orient. En 1972, il associe ses deux centres d'intérêt, en créant à Genève la marque Robergé. La montre devient ainsi un bijou. Mouawad à New York, en Amérique du Nord, partout dans le monde, le label se diversifie, le businessman investit dans l'immobilier et dans l'hôtellerie, avec l'acquisition de complexes touristiques et hôtels, tels l'hôtel Vendôme à Paris, le Saint-Jean-Cap-Ferrat sur la Côte d'Azur, le Grand Hills Hotel & Spa à Broummana qui est, souligne Mouawad, « entré dans le Guinness Book of Records pour sa plus grande suite royale au monde ».
L'homme d'affaires, toujours entre deux avions, qui se sent l'âme d'un artiste, prend le temps d'acquérir, depuis les années 70, des pierres rares dans de prestigieuses ventes aux enchères. Fier d'être l'artisan de sa propre vie, se décrivant comme un homme persévérant, exigeant, il s'avoue également intolérant, d'une humeur quelquefois changeante, « l'envers de la médaille ! ». Mouawad apprécie les reconnaissances. Chez lui, elles prennent la forme du Guiness World of Records, à ses yeux un « certificat purement moral qui lance votre nom dans le monde des célébrités ». Il entre dans le temple de la surenchère dès 1990 avec « The Mouawad Splendor », le diamant le plus cher en forme de poire. Puis, en 2003, avec « The Very Sexy Fantasy Bra », la pièce de lingerie féminine la plus chère au monde, 11 millions de dollars... Et enfin, en 2010, avec « The Mouawad 1 001 Nights Diamond Purse », le sac à main bijou le plus cher au monde, incrusté de 4 517 diamants et d'une valeur de 3,8 millions de dollars.
Un univers plus paisible
Loin de cet univers qui brille, le Musée privé Robert Mouawad, noyé dans un silence, entouré de magnifiques arbres et de pièces anciennes, contraste avec le monde extérieur des richesses. Le lieu est magique, magnifiquement restauré. Son propriétaire raconte : « Je rêvais d'un endroit où je pourrais exposer tous les bijoux et œuvres d'art acquis au cours de mes pérégrinations dans le monde. Acheté à la mort d'Henri Pharaon, j'ai entrepris sa restauration dès 1998, en faisant appel à de véritables experts. Il a nécessité sept ans de travail acharné. Aujourd'hui, c'est un grand chef-d'œuvre divisé en quatre grands ensembles : bijoux anciens, livres et manuscrits, la vieille porcelaine, les statues et objets en pierre. Le musée abrite toujours la fameuse table autour de laquelle se sont assis les pères de l'indépendance du Liban qui ont esquissé et cosigné le premier drapeau libanais. Quant aux livres exposés au palais, la plupart d'entre eux faisaient partie de la bibliothèque de l'ambassadeur Camille Aboussouan, que nous avons obtenue au cours d'enchères européennes. Le musée renferme également des statues et figurines phéniciennes, de la porcelaine chinoise ancienne, des lustres rares, des livres sacrés de valeur, dont un exemplaire du Coran imprimé en Allemagne et la Bible en 10 volumes et 7 langues du XVe siècle. » C'est en ces lieux que se tiendra, demain vendredi, samedi 2 et dimanche 3 avril, l'exposition du fameux sac à main bijou, après Los Angeles, Doha, Riyad et Dubaï.
Ravi d'avoir reçu le « Life Time Achievement Award » du Gemmological Institute of America, qui a également baptisé son nouveau siège californien le « Robert Mouawad Campus », réconforté par le legs qu'il laisse à ses fils Fred, Alain et Pascal, il conclut, en parlant de ses projets à venir : « Certes, je n'ai pas réalisé tout ce à quoi j'aspire, mais j'ai l'intention de me consacrer davantage aux œuvres de bienfaisance et au soulagement de la souffrance des plus démunis... »
L'exposition du « Mouawad 1 001 Nights Diamond Purse » est ouverte au public les 1er, 2 et 3 avril, de 10h30 à 19h00.
Musée privé Robert Mouawad, Zokak al-Blat, rue de l'Armée.

