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Moyen Orient et Monde - Libye

La coalition accentue sa pression, Kadhafi résiste

Les forces loyales à Mouammar Kadhafi ont regagné du terrain face aux insurgés dans l'Est, alors que les représentants de la coalition internationale, réunis à Londres, accentuaient leur pression sur le numéro un libyen pour qu'il abandonne le pouvoir.

La conférence de Londres a affiché son unité hier autour du constat que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi devait partir. Stefan Rousseau/Reuters

Une quarantaine de pays et d'organisations réunis à Londres dans la foulée des frappes militaires en Libye ont affiché leur unité pour construire l'avenir politique du pays autour d'un constat quasi unanime : « Kadhafi doit partir. » « La précondition (pour la sortie de crise), c'est qu'il quitte le pays », a ainsi assuré le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini, estimant toutefois qu'aucun pays - africains compris - ne lui avait offert à ce stade l'exil, pas forcément synonyme « d'immunité ». Son homologue britannique William Hague a lâché que Londres n'était pas en train de chercher un pays d'accueil pour le colonel Mouammar Kadhafi. Mais pour ajouter : « Cela n'exclut pas que d'autres pays le fassent. » « C'est aux Libyens de s'en débarrasser », s'est borné de son côté à dire le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé. « Il doit partir », a renchéri le Premier ministre qatari cheikh Hamad ben Jassem, dont le pays - seule nation arabe à participer aux frappes avec les Émirats arabes unis - a accepté d'accueillir la première réunion du groupe de contact sur la Libye, officialisé hier.
Le geste a soulagé les Occidentaux, alors que sept seulement des pays de la Ligue arabe, qui a elle-même dépêché un simple ambassadeur, étaient représentés à Londres, le plus souvent par des diplomates. Au point que cheikh Hamad ben Jassem a convenu que « l'implication arabe n'est pas aussi importante et concrète » qu'escompté.
L'hostilité la plus radicale à un éventuel exil de Kadhafi a été exprimée par un porte-parole du Conseil national de transition (CNT), principale formation d'opposition libyenne, Guma el-Gamaty, pour qui ses « crimes ne devraient pas rester impunis ».
Comme le « changement de régime » n'entre pas dans les recommandations de l'ONU autorisant la force pour protéger les civils libyens, le communiqué final de la conférence internationale de Londres se contente de souligner « que Kadhafi et son régime ont perdu toute légitimité ». Un « groupe de contact » chargé du pilotage politique de l'opération internationale dont l'OTAN doit prendre en main le volet militaire jeudi à 06h00 GMT a été créé lors de cette conférence.
L'essentiel s'est cependant déroulé en marge de la rencontre. Le CNT, qui n'a pu siéger avec le groupe de contact, a cependant enregistré plusieurs avancées. Mahmoud Jibril, responsable des affaires internationales, a rencontré Hillary Clinton, ainsi que MM. Hague et Juppé. Washington a annoncé l'envoi prochain d'un diplomate, Chris Stevens, à Benghazi, fief de la rébellion dans l'est de la Libye. La France y a envoyé avec effet immédiat un ambassadeur, Antoine Sivan, et M. Juppé s'est déclaré prêt à discuter « d'une aide militaire aux rebelles ». La veille, Barack Obama avait déclaré que les États-Unis allaient, de concert avec leurs alliés, s'efforcer de hâter le jour où M. Kadhafi devra quitter le pouvoir, mais il a souligné qu'ils n'utiliseraient pas directement la force pour le renverser. Ainsi conforté, le CNT a promis des « élections libres et justes » et souligné ses « aspirations à un État uni, libre et moderne », cherchant ainsi à écarter toute partition du pays.

El-Qaëda et Hezbollah ?
L'OTAN est « là pour protéger les populations, pas pour les armer », a tempéré le secrétaire général de l'Alliance, Anders Fogh Rasmussen. Par ailleurs, entendu devant le Sénat américain, le commandant des forces de l'OTAN en Europe, l'amiral américain James Stavridis, a déclaré que des informations du renseignement évoquent les signes d'une présence d'el-Qaëda ou du Hezbollah parmi l'opposition libyenne. Il a ajouté que l'OTAN n'a « pas de représentant » en Libye pour assurer une liaison avec les forces rebelles.
Sur le terrain, en fin d'après-midi, des avions ont survolé Tripoli et de fortes explosions ont secoué la ville peu après. Deux détonations ont résonné à trois minutes d'intervalle dans le secteur de la résidence du colonel Kadhafi. Et sept fortes détonations ont retenti à Tajoura, un secteur visé presque chaque jour par la coalition. Selon des témoins, un site de radars a été touché.
À 200 km plus à l'est, les forces pro-Kadhafi continuaient de progresser dans Misrata, ville rebelle assiégée par l'armée régulière, selon les rebelles à Benghazi, qui redoutaient « un massacre ». Un médecin de l'hôpital de la ville joint par téléphone a déclaré que l'offensive avait déjà fait au moins 142 morts et 1 400 blessés depuis le 18 mars. Un ferry turc était en route pour Misrata pour évacuer des blessés.
Dans l'Est, après avoir rapidement progressé ces derniers jours, les rebelles visaient Syrte, la ville natale de Mouammar Kadhafi, mais ils ont reculé, sous le feu des forces régulières, à plus d'une centaine de kilomètres de leur objectif. Aucun missile air-sol n'a frappé l'armée libyenne sur la route de Syrte depuis plus de 24 heures. Or, l'appui aérien est essentiel pour les rebelles, qui ressemblent davantage à des manifestants en armes qu'à une force combattante.
Plus de 330 000 personnes, principalement des étrangers, ont déjà fui les violences en Libye, et environ 9 000 de ces déplacés étaient encore bloqués aux frontières avec l'Égypte et la Tunisie, selon l'ONU. L'agence de l'ONU pour les réfugiés a aussi signalé la présence de « bateaux en détresse » en Méditerranée, avec à leur bord des personnes fuyant les combats en Libye.
Enfin, Khamis, le fils de Kadhafi, est apparu en public lundi soir à la résidence de Bab el-Aziziya à Tripoli, selon des images « en direct » de la télévision nationale libyenne, après des rumeurs sur sa mort.
(Source : agences)
Une quarantaine de pays et d'organisations réunis à Londres dans la foulée des frappes militaires en Libye ont affiché leur unité pour construire l'avenir politique du pays autour d'un constat quasi unanime : « Kadhafi doit partir. » « La précondition (pour la sortie de crise), c'est qu'il quitte le pays », a ainsi assuré le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini, estimant toutefois qu'aucun pays - africains compris - ne lui avait offert à ce stade l'exil, pas forcément synonyme « d'immunité ». Son homologue britannique William Hague a lâché que Londres n'était pas en train de chercher un pays d'accueil pour le colonel Mouammar Kadhafi. Mais pour ajouter : « Cela n'exclut pas que d'autres pays le fassent. » « C'est aux Libyens de s'en débarrasser », s'est borné de son côté à dire le...
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