Des l’arrivée de Laurent Blanc à la tête des Bleus, Benzema est devenu le titulaire indiscutable à la pointe de l’attaque française, surtout depuis qu’il a retrouvé du temps de jeu et le chemin des filets au Real. AFP/Getty Image
Après bien des turpitudes en sélection - il ne figurait pas dans la liste pour le Mondial 2010 - et en Espagne - où il a mis un an et demi à s'acclimater - l'ex-Lyonnais, auteur de 25 buts en 47 matches cette saison, voit enfin le jour se lever et son cas ne fait plus débat.
« Il a progressé parce que son entraîneur est exigeant, qu'il lui a demandé un comportement différent, l'adoube d'ailleurs son entraîneur madrilène José Mourinho lundi dans L'Équipe. Et il a progressé parce qu'il s'est lui-même convaincu que c'était important pour lui. Ce droit de manquer des occasions, il l'a gagné. »
Et le buteur doit peut-être sa renaissance « espagnole » à celle entamée plus tôt avec les Bleus. Car buteur en septembre en Bosnie, « Benz » a ensuite récidivé d'affilée à trois reprises et notamment en Angleterre et contre le Brésil. À 23 ans, il en est désormais à 34 sélections et 12 buts inscrits.
« J'ai eu tout de suite la confiance du sélectionneur, s'est félicité le joueur dimanche dans Téléfoot. Aujourd'hui encore, il est derrière moi, et j'ai retrouvé du temps de jeu à Madrid. » L'attaquant a eu aussi la bonne idée de mettre derrière lui une attitude hautaine et des déclarations maladroites sur sa motivation en Bleu.
Et la liste des concurrents peut bien s'allonger, l'attaquant n'a aucune raison de trembler. Aujourd'hui, son plus sérieux « challenger » en équipe de France n'est d'ailleurs autre que Kevin Gameiro, qui enfile certes des buts... mais dans le modeste club de Lorient, qu'une galaxie sépare de Madrid.
Sinon, Guillaume Hoarau traîne sa nonchalance au PSG, André-Pierre Gignac a montré à l'OM ses limites contre Manchester United en Ligue des champions, tandis que son coéquipier Loïc Rémy se profile de plus en plus comme un ailier droit. « Bafe » Gomis, irrégulièrement appelé, n'a pas remplacé « Benzemax » à Lyon.
En club, Benzema, menacé alors par l'arrivée du Togolais Emmanuel Adebayor, doit sa résurrection à l'entrevue qu'il a provoquée le 22 janvier avec Mourinho, lors d'une mise au vert. « J'aime encore plus quand le joueur prend l'initiative d'exposer ses doutes, ses dilemmes, comme Karim l'a fait ce soir-là », se félicite encore le technicien portugais.
Joignant le geste à la parole, le buteur avait marqué à Majorque (1-0). Depuis, il marche sur l'eau puisque trois doublés lors des 26e, 27e, et 28e journées lui ont permis de porter à dix son nombre de réalisations en Liga, lui qui n'avait scoré qu'à une seule reprise lors des 19 premiers matches du Real.
Avec également six buts inscrits en Ligue des champions, dont deux contre son ex-club lyonnais en 8e de finale, Benzema, qui a fini par profiter de la blessure d'Higuain pour s'imposer dans l'effectif pléthorique du Real, compile également des statistiques élevées au plus haut niveau européen.
Couvé par Zinedine Zidane, dans l'encadrement du Real Madrid, qui n'a eu de cesse de lui éviter les railleries d'une presse qui l'avait taxé de « mort pour le football » à un moment donné, Benzema attire sur lui le regard bienveillant de Michel Platini, président de l'UEFA : « Il anticipe, il est intelligent, l'équipe de France a besoin d'un grand Benzema si elle veut aller loin. »
(Source : agences)


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