Les rayons des supermarchés sont vides. Les Japonais, après s’être rués pour acquérir des denrées de base aux premiers jours ayant suivi le séisme et le tsunami du 11 mars, manquent maintenant de tout. Nicolas Asfouri/AFP
Sur le front sanitaire, l'eau minérale fait défaut à Tokyo, où les autorités ont déconseillé de donner celle du robinet aux nourrissons de moins d'un an en raison de la présence d'iode radioactif. Les radiations décelées dans l'eau courante, qui se sont révélées supérieures aux normes à deux reprises cette semaine, sont toutefois retombées hier sous le seuil de sécurité, a rapporté l'agence Kyodo. Les autorités de la capitale ont promis de puiser dans les stocks disponibles et de mettre près de 250 000 bouteilles à disposition dans les communes autour de Tokyo. Une radioactivité supérieure à la normale a également été décelée dans du lait et des légumes provenant de la région de Fukushima. Après Hong Kong et les États-Unis, Singapour et l'Australie ont réduit leurs importations de produits alimentaires issus de cette région. Les inspections sanitaires ont en outre été renforcées au Canada. La crainte des radiations pourrait en outre dissuader les capitaines de plusieurs navires marchands d'accoster dans le port de Tokyo, selon un représentant du secteur. Des particules radioactives ont été décelées jusqu'en Islande, mais les autorités japonaises assurent que les doses ne sont pas dangereuses pour les adultes.
Sur le versant économique de la crise, le gouverneur de la Banque du Japon a jugé hier la situation grave. Les dégâts ont été évalués à 310 milliards de dollars, ce qui fait du séisme du 11 mars la catastrophe la plus coûteuse de l'histoire, loin devant le tremblement de terre de Kobé, en 1995, et l'ouragan Katrina, qui a dévasté La Nouvelle-Orléans en 2005.
En outre, le séisme et le tsunami destructeur qui l'a suivi ont fait un total de plus de 27 000 morts et disparus, selon un dernier bilan établi hier. Selon ce bilan établi par la police japonaise, et qui pourrait encore s'alourdir, 9 811 morts ont été comptabilisés et 17 541 personnes sont officiellement déclarées disparues. En outre 2 779 personnes ont été blessées tandis que des centaines de milliers de personnes n'ont plus de logement. Toutefois, malgré les souffrances, le sentiment que la page la plus noire est désormais tournée s'impose peu à peu. Après le dénuement des premiers jours, l'aide afflue désormais en quantité. L'eau, l'électricité et le téléphone ont été rétablis. Des services postaux et bancaires itinérants ont été organisés.
(Source : agences)


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