La chaîne de télévision al-Jazira a fait état hier de nouveaux signes de délitement du régime. Ainsi dans le nord du pays, où sévit une rébellion chiite, les gouverneurs des provinces Djouf et Saada, nommés par Saleh, auraient à leur tour tourné casaque. « Nous n'acceptons plus aucune concession. Nous ne voulons que le départ rapide du président », a assuré Rachad al-Charaabi, un des responsables du Comité politique des jeunes de la révolution. Il a ajouté que des concertations étaient en cours pour opérer une transition pacifique du pouvoir, mais qu'elle ne devait pas conduire à la mise en place d'une dictature militaire. « Nous voulons une société civile, pas un régime militaire », a-t-il assuré. Cette requête des protestataires intervient alors que des pans entiers de l'armée ont jeté leur poids dans la bataille contre le président Saleh.
L'armée est dorénavant divisée, et un nouvel incident entre unités rivales dans le sud-est du pays a fait trois blessés hier. Ces accrochages ont éclaté entre des soldats et la garde républicaine commandée par Ahmad Saleh, l'un des fils du chef de l'État, à Moukalla, théâtre mardi d'une première confrontation qui avait fait deux tués. Par ailleurs, un policier a été tué et sept ont été blessés dans l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule hier à Aden, principale ville du sud du Yémen, selon un responsable des services de sécurité.
De son côté, le président Saleh a appelé ses partisans à se masser aujourd'hui sur une place proche du palais présidentiel, à plusieurs kilomètres du centre de Sanaa, loin de la place de l'Université occupée depuis plus d'un mois par des protestataires. Alors que les manifestants antirégime ont appelé à une vaste mobilisation vendredi mais ont annoncé qu'ils attendraient le 1er avril pour marcher sur le palais présidentiel.
(Source : agences)


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