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Moyen Orient et Monde - Syrie

Seconde manifestation en faveur des libertés en 24 heures à Damas

Plus de 25 personnes ont été arrêtées, dont plusieurs intellectuels.
Des dizaines de parents de prisonniers politiques, encadrés par un grand nombre de policiers, ont manifesté hier sur la place Marjé qui jouxte le ministère de l'Intérieur. Ils brandissaient des photos de leurs proches et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Libérez les détenus ». Parmi ces prisonniers figurent notamment les avocats des droits de l'homme Anouar Bounni et Mouhannad al-Hasni, ainsi que des médecins, ingénieurs et écrivains.
Au bout d'une heure, des agents de sécurité en civil ont exhorté les protestataires à partir, chargeant matraque à la main, et au moins un des manifestants a subi une entaille à la tête. Selon le président de la Ligue syrienne de défense des droits de l'homme Abdel Karim Rihaoui, les forces de l'ordre ont déchiré les pancartes et dispersé les manifestants. L'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH) a fait état quant à lui de plus de 25 personnes arrêtées, dont plusieurs intellectuels venus soutenir les familles. Parmi eux figurent les écrivains Tayeb Tizini et Hassiba Abdel-Rahmane, le militant et blogueur kurde Kamal Cheikho, qui avait été libéré dimanche de prison, ainsi que les militants Mazen Darouiche et Nahed Badaouia. Ont été également interpellés cinq membres de la famille d'une importante figure de l'opposition, Kamal Labouani, qui purge une peine de douze ans de prison. La militante pour les droits de l'homme Souheir Atassi a également été arrêtée, selon l'OSDH, ainsi qu'un garcon de dix ans, Hannibal Awad.
Les organisations de défense des droits de l'homme ont dénoncé la réaction des forces de l'ordre et appelé à la libération des personnes interpellées. « Nous appelons à la libération immédiate des personnes arrêtées », a indiqué l'OSDH dans un communiqué. « Cela constitue une violation du droit au rassemblement stipulé par la Constitution », a déclaré de son côté M. Rihaoui.
Les familles des détenus avaient annoncé samedi qu'elles comptaient se rendre hier au ministère de l'Intérieur pour remettre une lettre réclamant la libération de leurs proches. Un responsable du ministère de l'Intérieur, Mohammad Hassan Ali, a jugé « très normal » que le ministère écoute les plaintes des familles. Mais il a accusé, dans une déclaration à la presse, « certains d'avoir profité de cette occasion pour lancer des slogans », en allusion aux intellectuels et défenseurs des droits de l'homme venus apporter leur soutien. Selon M. Rihaoui, « la lettre n'a pu être remise au ministre de l'Intérieur, car ses responsables ont demandé aux proches des détenus de présenter une demande pour être reçus par le ministre ».
Une contre-manifestation de soutien au président Bachar el-Assad a par ailleurs réuni des dizaines d'autres manifestants sur la même place, portant des drapeaux syriens et scandant des slogans favorables au président.
La veille, des dizaines de Syriens avaient manifesté pour la liberté et des réformes politiques, bravant la loi d'urgence qui interdit les manifestations depuis 1963. « Quatre jeunes, dont une femme, ont été arrêtés », avait déclaré Souheir Atassi à la chaîne satellitaire al-Jazira. « Aujourd'hui, le peuple syrien a devancé l'opposition, comme cela s'était passé en Égypte et en Tunisie. C'est la première fois qu'une manifestation appelant à la liberté se déroule en Syrie », avait-elle souligné.
(Source : agences)
Des dizaines de parents de prisonniers politiques, encadrés par un grand nombre de policiers, ont manifesté hier sur la place Marjé qui jouxte le ministère de l'Intérieur. Ils brandissaient des photos de leurs proches et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Libérez les détenus ». Parmi ces prisonniers figurent notamment les avocats des droits de l'homme Anouar Bounni et Mouhannad al-Hasni, ainsi que des médecins, ingénieurs et écrivains.Au bout d'une heure, des agents de sécurité en civil ont exhorté les protestataires à partir, chargeant matraque à la main, et au moins un des manifestants a subi une entaille à la tête. Selon le président de la Ligue syrienne de défense des droits de l'homme Abdel Karim Rihaoui, les forces de l'ordre ont déchiré les pancartes et dispersé les manifestants....
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