Les jeunes protestataires se sont dirigés vers les souks, rejoints par des dizaines d'autres, avant d'être dispersés par les forces de l'ordre. « Environ 200 personnes ont manifesté. Quatre jeunes, dont une femme, ont été arrêtés », a déclaré la militante syrienne Souheir Atassi à la chaîne al-Jazira. « Aujourd'hui, le peuple syrien a devancé l'opposition, comme cela s'était passé en Égypte et en Tunisie. C'est la première fois qu'une manifestation appelant à la liberté se déroule en Syrie », a-t-elle souligné, en expliquant avoir été « surprise » par la manifestation.
Le président de la Ligue syrienne pour la défense des droits de l'homme en Syrie, Abdel Karim Rihaoui, a appelé le gouvernement à « prendre des mesures sérieuses et urgentes en vue d'améliorer la situation des droits civiques et politiques ». Il est urgent, selon lui, de « libérer tous les détenus politiques et d'opinion, et d'abroger la loi d'urgence » décrétée à l'arrivée au pouvoir du parti Baas en 1963. Des appels d'intellectuels et d'ONG kurdes et syriennes s'étaient multipliés récemment réclamant des réformes, dont le vote d'une loi sur les partis politiques qui permettrait aux Syriens d'« exercer leur droit de participer à la gestion des affaires du pays ».
Une page Facebook intitulée « la révolution syrienne contre Bachar el-Assad 2011 » qui compte plus de 40 000 fans appelait depuis plusieurs jours à des manifestations « dans toutes les villes syriennes » le 15 mars. Sur cette page, les organisateurs ont appelé à une « révolution jusqu'à la liberté et pour la justice ». « Appelons ensemble à une Syrie sans tyrannie, sans loi d'urgence ni tribunaux d'exception, une Syrie sans corruption, ni vols, ni monopole des richesses. Appelons à une Syrie exempte de pauvres, d'analphabètes et pour un État civil », ont également affirmé les organisateurs dans un communiqué.
Parallèlement, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Moallem a déclaré lors d'une conférence de presse que « des mesures en vue de réformes politiques seront introduites cette année. Bachar el-Assad avait évoqué récemment un programme de réformes qui commencera par (l'amendement) des lois sur les élections municipales et législatives », a-t-il souligné. « Les peuples de la région sont les plus aptes à décider de leur destin et de leur avenir », a décalré de son côté M. Assad, cité par l'agence officielle SANA.
(Source : AFP)


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