Abidjan sous le choc après une offensive des pro-Gbagbo
OLJ /
le 14 mars 2011 à 00h43
L’offensive de samedi a fait plus de 8 morts. Issouf Sanogo/AFP
Les habitants d'Abidjan étaient hier sous le choc des affrontements de la veille dans le quartier populaire d'Abobo entre les militaires fidèles au président ivoirien sortant Laurent Gbagbo et les insurgés favorables à son rival Alassane Ouattara. Mais, sur le terrain, l'offensive des forces pro-Gbagbo, appuyée par des blindés et des hélicoptères, ne semble pas avoir fait bouger les lignes dans ce fief d'Alassane Ouattara, reconnu par la communauté internationale comme le président élu. « On a du mal à apprécier le bilan de ces actions, les effets concrets sur le terrain. Un véhicule qui passe sur une avenue et qui tire à l'aveuglette, cela change quoi ? » a souligné un observateur de la crise ayant requis l'anonymat. Aucun bilan n'était disponible hier. Des témoignages font état d'au moins huit tués. « Les gens commencent à partir parce qu'ils redoutent de nouveaux combats », a déclaré un habitant d'Abobo, qui est un fief des ouattaristes. « Personnellement, je me prépare à évacuer les lieux avec ma famille », ajoutait-il. Les Nations unies évaluent à 200 000 le nombre d'habitants qui ont quitté Abobo depuis quinze jours. Les opposants armés à M. Gbagbo qui refuse de céder le pouvoir après le scrutin du 28 novembre avancent toujours plus dans le sud d'Abobo et sont aujourd'hui tout près du quartier résidentiel de Cocody où se trouve notamment la radiotélévision publique. De leur côté, les forces alliées à Ouattara ont pris hier une nouvelle localité dans l'Ouest. Les « rebelles » des Forces nouvelles (FN) « ont pris la ville de Doké, entre Toulépleu et Bloléquin », à l'issue de combats, a affirmé un milicien pro-Gbagbo. L'objectif des forces pro-Ouattara est de prendre la ville de Bloléquin, à une dizaine de kilomètres de Doké, qui leur ouvrirait un accès au centre-ouest et au port de San Pedro (Sud-Ouest), le plus grand port d'exportation de cacao au monde. La Côte d'Ivoire est le premier producteur et exportateur mondial de cacao, la fève brune représentant avec le café (à un niveau moindre) 40 % des recettes d'exportation du pays en temps normal. Loin des caméras, M. Ouattara a effectué pendant ce temps un retour discret au Golf hôtel d'Abidjan, où il vit retranché sous blocus des FDS mais protégé par des Casques bleus de l'ONU et des éléments FN depuis fin 2010. Le camp Gbagbo avait interdit de vol les appareils de la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) et de la force française Licorne, utilisés pour le transport des personnalités du camp Ouattara. Mais cette interdiction avait été rejetée tant à Paris qu'à New York. (Source : agences)
Les habitants d'Abidjan étaient hier sous le choc des affrontements de la veille dans le quartier populaire d'Abobo entre les militaires fidèles au président ivoirien sortant Laurent Gbagbo et les insurgés favorables à son rival Alassane Ouattara. Mais, sur le terrain, l'offensive des forces pro-Gbagbo, appuyée par des blindés et des hélicoptères, ne semble pas avoir fait bouger les lignes dans ce fief d'Alassane Ouattara, reconnu par la communauté internationale comme le président élu. « On a du mal à apprécier le bilan de ces actions, les effets concrets sur le terrain. Un véhicule qui passe sur une avenue et qui tire à l'aveuglette, cela change quoi ? » a souligné un observateur de la crise ayant requis l'anonymat. Aucun bilan n'était disponible hier. Des témoignages font état d'au moins huit tués. « Les...
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