Des tonnes de débris ont été charriés par le mur de vagues et jonchent désormais les rues de Sendai.Jiji Press/AFP
Certains experts étrangers ne cachent pas leurs inquiétudes, évoquant le risque d'un désastre de grande ampleur. « À ce stade, on fait face à une situation semblable à celle de Tchernobyl, où on commence à déverser du sable et du ciment » pour recouvrir le réacteur en fusion, estime Peter Bradford, ancien directeur de la Commission de surveillance nucléaire américaine. « Si cela continue, s'ils ne reprennent pas le contrôle de tout cela, on va passer d'une fusion partielle du cœur (du réacteur) à une fusion complète. Ça sera le désastre total », a déclaré pour sa part Joseph Cirincione, chef du Ploughshares Fund, lors d'une interview sur CNN. Joseph Cirincione a reproché aux autorités japonaises de fournir des informations partielles et contradictoires sur la situation dans la centrale. La présence de césium dans l'atmosphère après que la centrale eut relâché de la vapeur en excédent indique qu'une fusion partielle est en cours, selon lui. « Cela a signalé aux opérateurs que les barres de combustible avaient été exposées, que le niveau d'eau était tombé sous celui des barres et que les barres commençaient à brûler, libérant du césium », a-t-il expliqué.
Pour Peter Bradford, « il s'agit à l'évidence d'un grave revers pour la prétendue renaissance » de la filière nucléaire. « L'image d'une centrale nucléaire explosant devant vos yeux à la télévision est une première », a-t-il noté.
Avant les révélations au sujet du réacteur n° 3, l'agence de sûreté nucléaire des Nations unies avait classé l'accident au niveau quatre sur une échelle qui en compte sept.
Onze des 50 réacteurs nucléaires du Japon sont arrêtés depuis le séisme, provoquant une importante chute dans l'approvisionnement en électricité. Une évacuation a été ordonnée dans un rayon de 10 km autour des installations nucléaires du pays. Cent quatre-vingt-dix personnes se trouvaient à moins de 10 km de la centrale de Fukushima lorsque la radioactivité a dépassé le seuil de sécurité et 22 contaminations ont été confirmées jusqu'ici.


