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Moyen Orient et Monde - Japon

Après le séisme, Tokyo craint une catastrophe nucléaire

Les autorités appréhendent une fusion du cœur de deux réacteurs d'une centrale nucléaire du nord-est endommagée par le tremblement de terre de vendredi.

Des tonnes de débris ont été charriés par le mur de vagues et jonchent désormais les rues de Sendai.Jiji Press/AFP

La menace d'un nouvel accident nucléaire continuait hier de planer sur le Japon. « Je considère que la situation actuelle, avec le séisme, le tsunami et les centrales nucléaires, est, d'une certaine manière, la plus grave crise en 65 ans, depuis la Seconde Guerre mondiale », a déclaré le Premier ministre Naoto Kan. Il a prévenu que le pays risquait de connaître des coupures de courant à grande échelle et a en particulier exprimé sa grave préoccupation à propos de la situation à la centrale nucléaire de Fukushima 1, où une explosion s'est produite samedi dans le bâtiment abritant le réacteur 1. Le réacteur 3 a connu à son tour hier des problèmes similaires, avec une « panne » de son système de refroidissement. Les ingénieurs de Tokyo Electric Power Co (Tepco), opérateur de la centrale Daiichi, ont commencé à refroidir le cœur du réacteur n° 3 à l'aide d'eau de mer pour éviter une nouvelle explosion, a fait savoir Tokyo, reconnaissant implicitement avoir réagi trop lentement avec le n° 1. « À la différence du réacteur n° 1, nous avons ventilé et injecté de l'eau à un stade précoce », a expliqué Yukio Edano, secrétaire général du gouvernement lors d'une conférence de presse. Une explosion n'affecterait probablement pas la structure qui renferme le cœur du réacteur, a-t-il toutefois assuré, jugeant peu probable que le combustible soit déjà entré en fusion, ce qui serait catastrophique. Il n'a en revanche pas exclu cette éventualité pour le réacteur n° 1. « C'est une possibilité. Nous ne pouvons le confirmer parce que c'est à l'intérieur du réacteur, mais nous gérons la situation sur la base de cette présomption », a-t-il expliqué.
Certains experts étrangers ne cachent pas leurs inquiétudes, évoquant le risque d'un désastre de grande ampleur. « À ce stade, on fait face à une situation semblable à celle de Tchernobyl, où on commence à déverser du sable et du ciment » pour recouvrir le réacteur en fusion, estime Peter Bradford, ancien directeur de la Commission de surveillance nucléaire américaine. « Si cela continue, s'ils ne reprennent pas le contrôle de tout cela, on va passer d'une fusion partielle du cœur (du réacteur) à une fusion complète. Ça sera le désastre total », a déclaré pour sa part Joseph Cirincione, chef du Ploughshares Fund, lors d'une interview sur CNN. Joseph Cirincione a reproché aux autorités japonaises de fournir des informations partielles et contradictoires sur la situation dans la centrale. La présence de césium dans l'atmosphère après que la centrale eut relâché de la vapeur en excédent indique qu'une fusion partielle est en cours, selon lui. « Cela a signalé aux opérateurs que les barres de combustible avaient été exposées, que le niveau d'eau était tombé sous celui des barres et que les barres commençaient à brûler, libérant du césium », a-t-il expliqué.
Pour Peter Bradford, « il s'agit à l'évidence d'un grave revers pour la prétendue renaissance » de la filière nucléaire. « L'image d'une centrale nucléaire explosant devant vos yeux à la télévision est une première », a-t-il noté.
Avant les révélations au sujet du réacteur n° 3, l'agence de sûreté nucléaire des Nations unies avait classé l'accident au niveau quatre sur une échelle qui en compte sept.
Onze des 50 réacteurs nucléaires du Japon sont arrêtés depuis le séisme, provoquant une importante chute dans l'approvisionnement en électricité. Une évacuation a été ordonnée dans un rayon de 10 km autour des installations nucléaires du pays. Cent quatre-vingt-dix personnes se trouvaient à moins de 10 km de la centrale de Fukushima lorsque la radioactivité a dépassé le seuil de sécurité et 22 contaminations ont été confirmées jusqu'ici.
La menace d'un nouvel accident nucléaire continuait hier de planer sur le Japon. « Je considère que la situation actuelle, avec le séisme, le tsunami et les centrales nucléaires, est, d'une certaine manière, la plus grave crise en 65 ans, depuis la Seconde Guerre mondiale », a déclaré le Premier ministre Naoto Kan. Il a prévenu que le pays risquait de connaître des coupures de courant à grande échelle et a en particulier exprimé sa grave préoccupation à propos de la situation à la centrale nucléaire de Fukushima 1, où une explosion s'est produite samedi dans le bâtiment abritant le réacteur 1. Le réacteur 3 a connu à son tour hier des problèmes similaires, avec une « panne » de son système de refroidissement. Les ingénieurs de Tokyo Electric Power Co (Tepco), opérateur de la centrale Daiichi, ont...
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