Le chef de l’État et le président Mikati ont la clef...
Par Hassãn-Tabet RIFAAT
OLJ /
le 08 mars 2011 à 00h48
À un moment où les peuples du Moyen-Orient réécrivent leur histoire et condamnent leurs dirigeants au nom de la liberté et de la lutte contre la corruption, nul ne peut imposer au Liban le marasme et les eaux stagnantes. La formation du gouvernement est l'occasion rêvée pour se projeter dans l'avenir : jamais personne n'a eu la chance comme aujourd'hui le chef de l'État et le président Mikati d'assumer leur responsabilité constitutionnelle, et partant de voir juste et de mettre le pays dans le sens de la modernité : ils ont à eux la clef ; ni le 8 ni le 14 qui ont déjà fait leurs preuves depuis deux décennies. Il convient pour cela de respecter ce mouvement encore sourd de générations jeunes et moins jeunes de Libanais que les gouvernements successifs meurtrissent depuis plusieurs années . Ces Libanais n'acceptent pas que leur soit refusé ce qu'exigent les peuples voisins en ébullition : à savoir des ministres qui seraient responsables de leurs actes et maîtres de leurs décisions, capables de gérer leur département, dans la dignité, l'indépendance et la responsabilité et dans le respect de la place que leur reconnaît l'article 66 de la Constitution. Un gouvernement ainsi constitué pourra honorer une priorité souhaitée par les Libanais qui ne sont inféodés ni soumis à qui que ce soit et pour qui les discours et les projets politiciens ne sont intéressants que pour ceux que cela amuse. Ils réclament une action concertée contre la corruption, qui n'épargnerait le passé d'aucun politicien. Quiconque aurait mal acquis son argent devra le rendre à la communauté nationale. Utopie ? Pas du tout, à condition qu'on le veuille ; une instance sera alors mise en place avec tous les pouvoirs ; les détails en ont été élaborés dans le cadre d'un projet que nous avons remis à qui de droit, à divers intervalles. Le projet disparaissait à chaque fois. Or si on observe avec attention les réactions des foules arabes en colère et la décision des pays qui bloquent les fortunes des responsables déchus, on comprend à quel point la lutte contre la corruption est inscrite comme priorité absolue dans tous les agendas. Serons-nous les seuls à tolérer ce qui partout ailleurs est vigoureusement condamné ? Le peuple libanais ne l'acceptera pas longtemps.
Hassãn-Tabet RIFAAT Avocat Professeur à la faculté de droit (USJ) Ancien directeur général de la Justice Ancien président de l'Inspection centrale
À un moment où les peuples du Moyen-Orient réécrivent leur histoire et condamnent leurs dirigeants au nom de la liberté et de la lutte contre la corruption, nul ne peut imposer au Liban le marasme et les eaux stagnantes. La formation du gouvernement est l'occasion rêvée pour se projeter dans l'avenir : jamais personne n'a eu la chance comme aujourd'hui le chef de l'État et le président Mikati d'assumer leur responsabilité constitutionnelle, et partant de voir juste et de mettre le pays dans le sens de la modernité : ils ont à eux la clef ; ni le 8 ni le 14 qui ont déjà fait leurs preuves depuis deux décennies. Il convient pour cela de respecter ce mouvement encore sourd de générations jeunes et moins jeunes de Libanais que les gouvernements successifs meurtrissent depuis plusieurs années . Ces Libanais n'acceptent...
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