Selon M. Abillamaa, « Gebran Bassil a avancé des données qui sont incorrectes, notamment quand il soutient que les standards internationaux d'éloignement des lignes de haute tension (par rapport aux habitations) sont de 10 à 15 mètres, alors qu'ils sont de 70 mètres selon l'Organisation mondiale de la santé ».
Et de poursuivre : « Le ministre Bassil a soutenu que les bâtiments ont été construits dans cette zone après le début du projet, ce qui est faux. Nous contestons aussi son affirmation selon laquelle le champ électromagnétique ne nuit pas à la santé : dans le monde entier, des études ont établi le rapport de cause à effet entre une exposition prolongée à ce champ électromagnétique et l'apparition de leucémies chez les enfants. Le problème, c'est que ce phénomène n'a pas encore d'explication médicale ni scientifique, mais le rapport a été fait. De plus, M. Bassil a parlé de 6 à 7 appartements exposés tout au plus, or nous pouvons confirmer qu'il y en a bien plus. Enfin, le ministre s'est porté garant de la santé des gens, mais comment peut-il le faire alors que la science elle-même n'a pas tranché le débat ? Il ne faut pas oublier non plus qu'outre le danger sur la santé, les lignes de haute tension sont un facteur de perturbations physiques : bruits, risques de chocs électriques... »
Sur la question d'« équité entre les régions » soulevée par M. Bassil (ce réseau 220 kilovolts passe, selon lui, dans de multiples régions), M. Abillamaa affiche la position suivante : « S'il est prouvé que ce qui a été fait a le potentiel d'être nuisible, pourquoi ne pas modifier ces méthodes dès maintenant ? Après tout, M. Bassil prétend être un ministre de changement. On se demande d'ailleurs où sont passés tous les députés de son bloc parlementaire (du changement et de la réforme) qui ont manifesté avec la population (avant les élections législatives de 2009) durant deux ou trois ans » (contre l'installation des câbles en question).
À une question de L'Orient-Le Jour sur l'éventualité que les câbles soient installés par la force, M. Abillamaa fait remarquer que « le ministre a appelé les forces de l'ordre à assumer leur responsabilité dans la facilitation de l'installation des câbles ». « Ils pourront procéder à l'installation des lignes, mais ils ne feront pas taire les protestations pour autant », a conclu M. Abillamaa.

