Prenant la parole lors de la signature d'un ouvrage à Tyr, le ministre d'État sortant à la Réforme administrative, Mohammad Fneich (Hezbollah), a estimé que les demandes de M. Bellemare ont poussé le Tribunal spécial pour le Liban à devenir « un projet de confrontation avec la Résistance ». « Le TSL cherche à tout prix à ternir sa propre image », a-t-il dit, soulignant que l'instance judiciaire, « aux actes scandaleux », n'est plus acceptée. Évoquant les demandes d'informations et de renseignements formulées par le tribunal, le ministre a salué la « position nationale et respectable » exprimée par les ministres qui ont refusé de livrer au TSL les données requises.
Le vice-président du conseil exécutif du Hezbollah, cheikh Nabil Kaouk, a relevé pour sa part que les demandes de M. Bellemare « portent atteinte à la dignité et à la souveraineté du pays ». Elles contribuent, selon lui, à « exacerber les divisions internes et à limiter l'action du gouvernement ». Et d'accuser Daniel Bellemare et les Américains de paver la voie à l'acte d'accusation dans une tentative de « compenser les défaites et échecs politiques des États-Unis et de leurs partenaires au Liban et dans la région, tout en cherchant à soutenir un camp au Liban par le biais d'un acte d'accusation falsifié ». « Cependant, a-t-il dit, leurs objectifs ne seront pas réalisés car l'équation interne s'est modifiée avec le changement de la majorité populaire et parlementaire. »
Pour le membre du bloc de la Fidélité à la Résistance (bloc du Hezbollah), Ali Fayyad, les dernières requêtes du procureur du TSL « constituent une preuve supplémentaire apportée contre le tribunal et qui ne verse pas dans son intérêt ». « Elles certifient que le travail du tribunal dépasse le cadre de l'assassinat de Rafic Hariri, pour venir violer la sécurité nationale libanaise, laissant le pays à découvert face à Israël », a-t-il affirmé.
L'ancien chef de la garde présidentielle, et l'un des quatre officiers préalablement détenus dans l'affaire de l'assassinat de Rafic Hariri, le général Moustapha Hamdane, a dénoncé « le terrorisme intellectuel pratiqué par Feltman (Jeffrey), au nom du tribunal ». « Ce dernier a été jusqu'à s'opposer à ceux qui pratiquent leur droit constitutionnel, comme le Premier ministre désigné, Nagib Mikati », a-t-il dit, qualifiant le TSL d'instance « corrompue », à la lumière notamment des récentes requêtes de M. Bellemare « qui menacent la sécurité nationale ».
Pour le député d'Amal, Ali Khreiss, « le Liban n'appartient à personne ou à un camp donné, mais il est la patrie de tous ses fils ». Et de réclamer un « gouvernement de salut national capable d'assumer ses responsabilités face aux défis ». S'attaquant ouvertement au leader des FL, le secrétaire général du parti Baas prosyrien, Mohammad Chakar, a accusé Samir Geagea de jouer à « l'innocent », lui reprochant de s'en prendre quotidiennement aux armes du Hezbollah.

