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Moyen Orient et Monde - Égypte

Les trois derniers ministres du régime Moubarak évincés

Un remaniement du gouvernement égyptien annoncé hier s’est traduit par le remplacement des ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Justice, les derniers ministres régaliens de l’ère Moubarak.

Hier soir, l’armée égyptienne a tenté de disperser la foule qui voulait entrer de force dans le siège de la Sécurité d’État, au Caire. Photo AFP

Les trois derniers ministres régaliens nommés par l'ex-président Hosni Moubarak, ceux de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères, ont été évincés hier du gouvernement égyptien lors d'un remaniement qui répond aux exigences des organisateurs de la « Révolution du Nil ».
Le Premier ministre Ahmad Chafic, un général d'aviation nommé par Moubarak dans les jours qui ont précédé son départ du pouvoir, le 11 février, avait déjà été démis la semaine dernière par le Conseil suprême des forces armées (CSFA) aux commandes du pays à titre transitoire. L'équipe du nouveau Premier ministre, Essam Charaf, doit encore être approuvée par le maréchal Mohammad Hussein Tantaoui, ancien ministre de la Défense et chef du CSFA, qui s'est donné six mois pour remettre le pouvoir à un président et un Parlement élus librement.
Nabil Elarabi, ancien représentant permanent de l'Égypte aux Nations unies et ex-magistrat à la Cour internationale de justice de La Haye, bientôt 75 ans, remplace à la tête de la diplomatie égyptienne le vétéran Ahmad Aboul Gheit, en place depuis 2004. M. Elarabi avait pris part à la négociation du traité de paix avec Israël mais s'était fait remarquer en exprimant des réserves sur ce document, signé en 1979.
Mansour el-Essaoui, le nouveau ministre de l'Intérieur, s'est engagé quant à lui à améliorer l'image de la police et à réduire le rôle de la très redoutée Sécurité d'État, toute-puissante durant les 30 ans de règne de Moubarak. Les révolutionnaires égyptiens réclament sa dissolution pure et simple. M. Essaoui est issu du ministère de l'Intérieur mais il jouit d'une réputation d'intégrité et n'est pas associé aux exactions de la Sécurité.
Mohammad al-Guindi, le nouveau ministre de la Justice, a promis de son côté de combattre la corruption et de garantir le bon déroulement des scrutins législatif et présidentiel, conformément au rôle assigné à la justice par les réformes constitutionnelles que le CSFA soumettra le 19 mars à référendum.
Selon des documents publiés hier par un journal koweïtien, les deux fils de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak ont touché des commissions importantes de la part d'Israël pour approuver des exportations de gaz égyptien vers l'État hébreu.
Sur le terrain, environ 500 manifestants tentant de pénétrer de force dans le siège de la Sécurité d'État, dépendant du ministère de l'Intérieur, ont été attaqués à coups de couteaux et de pierres par des hommes en civil, ont rapporté plusieurs témoins à l'AFP. Un responsable des services de sécurité a confirmé que des hommes en civil avaient attaqué la foule rassemblée devant le bâtiment dans le quartier cairote de Lazoghly. L'armée a tenté de disperser la foule à coups de bâton, tirant plusieurs coups de semonce en l'air, ce qui a forcé les manifestants à se réfugier dans les rues voisines, a rapporté un témoin.
L'armée égyptienne a par ailleurs appelé dans un communiqué les citoyens à lui remettre les documents pris à la Sécurité d'État, les militants voulant empêcher que les dossiers soient détruits. Samedi, des bâtiments de la Sécurité d'État avaient été pris d'assaut à travers l'Égypte par des militants à la recherche des dossiers établis sur la population et d'éventuelles preuves d'abus commis par ce puissant appareil dont ils exigent la dissolution. Selon un responsable des services de sécurité, près de 100 000 personnes travaillent à la Sécurité d'État, sans compter les informateurs.
Sur le plan diplomatique, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a jugé « intéressants » des échanges qu'il a eus hier au Caire avec des jeunes issus du mouvement islamiste des Frères musulmans, dans le cadre d'une rencontre avec de jeunes acteurs du soulèvement anti-Moubarak.
« Le dialogue que j'ai eu avec l'ensemble de cette délégation m'a permis de bien mesurer que la présentation qui est faite parfois de ce mouvement mérite d'être éclairée et approfondie », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à l'issue de sa visite.
(Source : agences)
Les trois derniers ministres régaliens nommés par l'ex-président Hosni Moubarak, ceux de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères, ont été évincés hier du gouvernement égyptien lors d'un remaniement qui répond aux exigences des organisateurs de la « Révolution du Nil ».Le Premier ministre Ahmad Chafic, un général d'aviation nommé par Moubarak dans les jours qui ont précédé son départ du pouvoir, le 11 février, avait déjà été démis la semaine dernière par le Conseil suprême des forces armées (CSFA) aux commandes du pays à titre transitoire. L'équipe du nouveau Premier ministre, Essam Charaf, doit encore être approuvée par le maréchal Mohammad Hussein Tantaoui, ancien ministre de la Défense et chef du CSFA, qui s'est donné six mois pour remettre le pouvoir à un président et un...
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