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Les nouvelles technologies, outil du révolutionnaire arabe - Éclairage

Quand les Saoudiennes réclament plus de libertés...

Un groupe sur Facebook a appelé les femmes du royaume à exprimer leurs revendications, s'attirant une salve de critiques de nombreux internautes.
Depuis les soulèvements en Tunisie et en Égypte, des appels à des réformes en Arabie saoudite ont fleuri sur Internet. Sur Facebook, un groupe appelant à « une journée de colère le 11 mars » a déjà attiré plus de 25 500 membres en une semaine. Membres dont il est néanmoins impossible de vérifier la proportion d'entre eux vivant effectivement dans le royaume. Quoi qu'il en soit, les partisans du groupe appellent au renversement de la dynastie des al-Saoud, au pouvoir depuis 1932. Ils l'accusent de corruption et de « traîtrise » en raison de sa collaboration avec les « Américains et les Israéliens contre les intérêts des musulmans ». Le groupe exige l'élection au suffrage universel du dirigeant du pays, mais aussi l'indépendance de la justice, la libération de tous les prisonniers politiques, la liberté d'expression et de rassemblement, ainsi que plus de libertés pour les femmes.
Sur ce dernier point, le groupe propose aux Saoudiennes d'exprimer leurs revendications les plus pressantes, « à condition qu'elles ne soient pas contraires à la charia » (loi islamique). Sans surprise, la plupart des femmes ayant répondu à l'appel ont exprimé les mêmes demandes : le droit de conduire un véhicule, l'interdiction des mariages des mineurs et le droit de travailler, de se marier ou de voyager sans l'autorisation d'un « gardien masculin ».
« Comment est-ce possible que la loi interdise à la femme de conduire, mais lui permet de se retrouver seule dans une voiture avec son chauffeur ? » s'interroge Zohoor Falla. « J'ai des enfants et je me retrouve parfois dans des situations d'urgence où je dois me déplacer en voiture sans devoir attendre une assistance masculine... », assure-t-elle. « Je veux avoir le droit de circuler librement en voiture, mais j'ai sincèrement peur des routes ici », renchérit Emy Mnona, qui affirme vivre à Riyad. « Il faut que les autorités soient plus sévères envers ceux qui roulent trop vite. »
Les hommes avaient aussi leur mot à dire sur les droits de la femme en Arabie saoudite. Certains demandent « la liberté totale », affirmant que ce sont les « traditions vieillies » du royaume qui interdisent à la femme de conduire et non pas la charia. D'autres, sur un ton plus léger, appellent les femmes à revendiquer « le droit à des cours gratuits de karaté afin de pouvoir se défendre contre ceux qui les agressent physiquement ». Un internaute se prénommant « Mohammad Hamad » propose aux révolutionnaires de promettre aux Saoudiennes toute une liste de « droits » : « Un époux qui soit riche, beau, grand de taille et romantique, un Iphone 5G, un ordinateur portable des plus performants, une invitation pour cinq personnes à un buffet ouvert dans un hôtel et, enfin, des billets d'avion renouvelés annuellement pour les vacances avec 2 millions de riyals comme argent de poche... »
Mais le groupe en question n'attire pas que des sympathisants. Plusieurs internautes ont rejoint la page pour critiquer - souvent avec virulence - les demandes des « révolutionnaires ». La discussion s'envenime lorsqu'un certain « Islam Optimus » demande l'interdiction du niqab dans le royaume. « Le niqab protège la femme », répond un internaute. « Les Saoudiennes le portent de leur propre gré », renchérit un autre. « Toutes les femmes du monde ne demandent qu'à vivre comme les Saoudiennes », s'insurge « Khaled Bin Turky ». « Regardez les Occidentales comment elles vivent dans l'irrespect le plus total », affirme-t-il encore, tout en mettant en garde contre l'éclatement d'une guerre civile en Arabie saoudite en cas de manifestations populaires.
« Honte à vous de vouloir détruire votre pays uniquement pour que les femmes aient le droit de se mettre derrière un volant », écrit Samar Abdelrahman, qui se présente comme une Égyptienne n'ayant jamais mis les pieds en Arabie saoudite. « Il est interdit à qui que ce soit de menacer la stabilité et la sécurité du pays de La Mecque, le pays du prophète. L'Arabie saoudite est le pays de tous les musulmans. Que Dieu la protège ! »ajoute-t-elle. « Regardez ce qui s'est passé chez nous, en Égypte. Rien n'a changé, même après le départ de Moubarak », assure-t-elle encore, avant d'ajouter : « Je suis sûre que c'est Wael Ghonim qui est derrière cette page. »
R. M.
Depuis les soulèvements en Tunisie et en Égypte, des appels à des réformes en Arabie saoudite ont fleuri sur Internet. Sur Facebook, un groupe appelant à « une journée de colère le 11 mars » a déjà attiré plus de 25 500 membres en une semaine. Membres dont il est néanmoins impossible de vérifier la proportion d'entre eux vivant effectivement dans le royaume. Quoi qu'il en soit, les partisans du groupe appellent au renversement de la dynastie des al-Saoud, au pouvoir depuis 1932. Ils l'accusent de corruption et de « traîtrise » en raison de sa collaboration avec les « Américains et les Israéliens contre les intérêts des musulmans ». Le groupe exige l'élection au suffrage universel du dirigeant du pays, mais aussi l'indépendance de la justice, la libération de tous les prisonniers politiques, la liberté...