"C'est un rêve devenu réalité. J'aimerais être champion du monde, mais tout ce qui vient maintenant, c'est du bonus", insiste Martin Fourcade./
La journée avait pourtant mal commencé avant même qu'il ne chausse ses skis. "Les deux premiers en piste, Vincent Jay et Alexis Boeuf, étaient "collés", ils perdaient à chaque fois 10 secondes sur une descente de 300 mètres et les techniciens ont décidé de revenir au fartage utilisé dans le relais mixte", a expliqué Stéphane Bouthiaux, l'entraîneur de l'équipe de France.
Une minute seulement avant de s'élancer, Martin Fourcade a reçu ses skis d'un technicien hors d'haleine.
Une fois en piste, nouveau problème avec deux balles sorties d'entrée : "la première est une grosse connerie de ma part, la deuxième, c'est le vent", a dit Fourcade qui pointe alors à près de 50 secondes de la tête.
Mais celui qui est présenté par le Norvégien Ole Einar Bjoerndalen comme le plus grand talent du biathlon est l'un des plus rapides sur le circuit à skis et ne se pose jamais de questions, dans la victoire comme dans la défaite.
Lors du tir debout, il réalise malgré le vent un sans-faute et ressort du pas de tir en 4e position avec 23 secondes de retard sur l'Allemand Arnd Peiffer et cinq secondes sur le podium.
Grâce à une fin de parcours supersonique, il échoue à 13 secondes de la victoire et décroche sa deuxième médaille en Sibérie après le bronze en relais mixte.
"C'est un rêve devenu réalité. J'aimerais être champion du monde, mais tout ce qui vient maintenant, c'est du bonus", a-t-il insisté.
Son premier titre mondial pourrait arriver dès dimanche avec la poursuite, dont l'ordre de départ est défini par le résultat du sprint, où les écarts avec les Norvégiens Tarjei Boe (3e à 12 secondes de Fourcade) et Emil Hegle Svendsen (5e à 17 sec) sont déjà conséquents.
Tête bien faite et bien sur les épaules selon ses entraîneurs, le leader français est aussi un sacré pronostiqueur : il avait prévu la victoire de Peiffer, sa 2e place, mais avait placé Svendsen devant Boe.
De son village de La Llagonne, dans les Pyrénées orientales, la famille Fourcade a également suivi le beau retour au premier plan de l'aîné, Simon, prometteur 13e après un hiver sombre et dans l'ombre d'un frère qu'il présente comme "un génie".
Marie Dorin a terminé à la 8e place du sprint féminin remporté par l'Allemande Magdalena Neuner et se trouve en embuscade pour la poursuite où elle peut viser le podium.

