Certes, sa voix n'intervient que dans le dernier mouvement de cette symphonie, que l'ensemble de jeunes musiciens parisiens jouera après l'ouverture de l'opéra Incontro Improviso de Haydn mais, pour Samar Salamé, le romantisme du chant allemand et le défi des contraintes musicales propres à Malher rendent l'exercice de haute voltige.
La jeune cantatrice, qui chante ainsi pour la première fois en allemand, ajoute ainsi une nouvelle corde à son arc. Rompue aux chants italien et français, Samar Salamé, qui partage son temps entre Beyrouth et Paris, vient également d'expérimenter le registre opératique arabe, au cours de la messe donnée le 23 février dernier à l'occasion de l'inauguration de la statue de saint Maron.
Depuis 2006, la jeune femme trace avec régularité et éclectisme son sillon. Son diplôme du Conservatoire Santa Cecilia de Rome obtenu, elle a enchaîné les rôles et les participations: Il Trovatore de Verdi, Semiramide de Voltaire, Requiem alla Memoria de Pier Paolo Pasolini de Roberto de Simon à Munich, une adaptation des Caprices de Marianne d'Alfred de Musset, ainsi que divers concerts parisiens à la Conciergerie, au Grand Palais, au Palais Maillot, en novembre dernier, dans les Mystères Lyriques avec Fabrice Di Falco, Fady Jeanbart, Scott Emerson et Klarisse Coulon.
Et, malgré une actualité chargée à l'étranger, elle ne manque jamais de se produire au Liban où, après un concert à la grotte de Jeïta, d'autres récitals auprès des ambassades de France et d'Italie, elle s'est illustrée cet été en Suzanna dans les Noces de Figaro, la coproduction libano-italienne de l'opéra de Mozart au Festival de Byblos. Sans oublier ses collaborations avec le violoniste virtuose Claude Chalhoub aussi bien au Festival de Sourat qu'en l'église Saint-Élie de Kantari, dans des cantiques de Noël.
Enchantée par sa participation au concert de ce soir, au Festival al-Bustan, «la référence de la musique classique au Liban», cette cantatrice moderne et pétillante y offrira une parenthèse enchantée avant de repartir vers ses nouveaux engagements à Londres et à Paris...
* Auditorium Émile Boustani, 20h30.

