Rechercher
Rechercher

Liban - La Situation

Un brouillon de 30 ministres très à la mode ces dernières heures...

Le président Sleiman et le Premier ministre désigné Nagib Mikati : les deux hommes pourront-ils arracher quelques maroquins face à un Aoun irascible ?

Il est très difficile de donner une date, fut-elle approximative, à la naissance du cabinet Mikati, au lendemain de l'annonce définitive par le 14 Mars de sa non-participation et de sa réorganisation en une force d'opposition globale. Et ce qui n'aide en rien et qui décuple la stagnation ambiante sont les divergences de plus en plus nombreuses et inextricables au sein du même camp, celui du 8 Mars, malgré l'existence d'un brouillon de formule ministérielle très à la mode ces dernières heures...
Même si certains très optimistes (ou très naïfs), qui se basent sur la position-charnière adoptée dimanche dernier par le 14 Mars, s'attendent à une formule finale dans les tout prochains jours, les (nombreux) obstacles restent de taille, et le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, ne manque aucunement d'y faire allusion, à chaque fois qu'il le peut, en insistant notamment sur le droit de chaque partie de soumettre ses desiderata, sachant que c'est lui qui conserve le final cut. Des allusions, remarquent les observateurs, uniquement dirigées à l'encontre du 8 Mars maintenant que l'ex-majorité s'est totalement retirée du jeu.

Les propositions
Berry et les constantes Mikati...

Selon l'agence al-Markaziya qui cite des sources ministérielles du 8 Mars, le président de la Chambre, Nabih Berry, redouble d'efforts pour essayer de creuser des brèches dans l'entêtement chronique du chef du CPL, Michel Aoun. Il pense ainsi à différentes formules dont l'une propose l'attribution du portefeuille de l'Intérieur, pomme de discorde absolue entre Rabieh et Baabda, soit à une personnalité proche du chef du PSP Walid Joumblatt, ou même à un collaborateur de l'ancien ministre Sleimane Frangié, soit à un officier de l'armée à la retraite, qui bénéficierait de l'assentiment des deux Michel, Sleiman et Aoun. Nabih Berry propose aussi de conserver l'Intérieur dans l'escarcelle de Ziyad Baroud en offrant à Michel Aoun un autre portefeuille régalien. Il n'empêche, les sources précitées assurent qu'aucun accord à ce sujet n'a été encore obtenu, indiquant qu'aucune réunion des quatre pôles du 8 Mars ne se tiendrait avant que tout ne soit réglé.
Parallèlement à cela, les milieux du PM désigné rappellent à qui serait tenté de l'oublier que Nagib Mikati ne pense pas à faire le moindre lien entre l'annonce de son équipe et la publication de l'acte d'accusation du Tribunal spécial pour le Liban (TSL). « Nous attendons tous cette publication et nous envisageons plusieurs moyens de réagir à cela. Que l'acte d'accusation soit rendu public et ensuite nous aviserons », disent ces sources, précisant que Nagib Mikati refuse d'être prisonnier d'une date quelconque relative à la naissance de son cabinet et qu'il a planché avec le chef de l'État sur plusieurs formules, « dont un cabinet de 30 et un autre de 24 ». À ce sujet, l'entourage du PM désigné a démenti qu'une réunion Sleiman-Mikati se soit tenue avant-hier soir, relevant néanmoins que cela est « envisageable à n'importe quel moment ».
En un mot, ce à quoi tient Nagib Mikati plus que tout sont le respect des prérogatives de la présidence de la République et de la présidence du Conseil, ainsi que le rôle du Conseil des ministres, et c'est « sur la base de ces trois constantes qu'il est prêt à discuter avec tout le monde ».

La dernière formule
à la mode

Il n'en reste pas moins que parmi toutes ces éventualités, une formule est particulièrement dans l'air du temps en ce moment. Selon des sources politiques interrogées par L'Orient-Le Jour, le cabinet Mikati serait formé de 30 personnes. Le chef de l'État aurait 2 ministres (un maronite et un grec-orthodoxe), le Premier ministre 6 (5 sunnites et un grec-orthodoxe) et le chef du PSP 3 (2 druzes et un sunnite). Le chef du CPL disposerait de 6 ministres (3 maronites, 2 grecs-catholiques et un grec-orthodoxe), le chef des Marada de 2 (un maronite et un grec-orthodoxe), le Tachnag de 2 (l'un d'entre eux en accord avec le PM désigné) et un druze qui serait Talal Arslane ou Marwan Kheireddine. Enfin, le président de la Chambre aurait 4 ministres (3 chiites et un grec-catholique) et le Hezbollah 3 ministres chiites. Restera alors le sixième maronite et futur ministre de l'Intérieur, dont le nom serait le fruit d'un accord entre Michel Sleiman, Nagib Mikati et Michel Aoun.
Cette formule pas encore définitive a été débattue au cours d'une rencontre entre les représentants de la nouvelle majorité : Ali Hassan Khalil, Hussein Khalil et Gebran Bassil. Les sources précitées indiquent que Michel Aoun, qui s'entête encore à réclamer un portefeuille souverainiste, à savoir les Finances, à la place de l'Intérieur, n'a pas encore approuvé ce brouillon, « surtout que le président Sleiman propose à l'Intérieur un officier proche de lui et qu'il n'a pas encore accepté de céder la Défense pour la donner à Sleimane Frangié ».
Il a également été proposé d'« échanger » les ministères régaliens : donner l'Intérieur à un chiite et les Affaires étrangères à un sunnite, mais pas grand-monde n'a réagi positivement à cela, d'autant que Nagib Mikati est déterminé à donner les Finances à Mohammad Safadi.
Cela n'empêche pas le président de la République d'être « plus optimiste », assurent les milieux proches de Baabda...

Du côté
des Marada

Concernant les contacts Baabda-Rabieh, les milieux en question assurent qu'ils ne sont pas interrompus : « Des médiateurs et des amis communs » sont constamment utilisés. Quant à la rumeur qui dit que Walid Joumblatt exige quatre portefeuilles malgré la réduction de son bloc parlementaire de 13 à 7 députés, elle est « fausse. Le président Mikati apprécie la coopération du député Joumblatt, qui ne pose jusque-là aucune condition rédhibitoire », disent les sources, refusant toutefois d'entrer dans des détails arithmétiques.
Pour leur part, les sources des Marada de Sleimane Frangié assurent que leur champion est toujours déterminé à ne pas faire personnellement partie du cabinet à venir, « à moins que les circonstances ne changent à tel point que cela devienne incontournable ». Ces sources estiment que jusqu'à tout récemment, la principale raison du retard était due au 14 Mars, jugeant que la question de l'Intérieur est « certes un problème », mais pas « le » problème... Ce qui est évident désormais, à l'aune de tous les obstacles qui éclosent les uns après les autres. Ces sources sont convaincues en outre que les choses vont être réglées « bientôt, pour éviter que la nouvelle majorité ne se sente coincée par rapport à ses partisans qui lui feront désormais assumer les raisons de tout retard supplémentaire ». Enfin, elles ont insisté sur le fait que les Marada « ne tiennent à aucun portefeuille en particulier. Tout ce que nous souhaitons, c'est un portefeuille essentiel, c'est tout »...

L'acte
d'accusation comme
un feuilleton ?

Sur un tout autre plan, une source ministérielle qui suit le dossier du TSL indique qu'il est « tout à fait possible » que le juge de la mise en état, Daniel Fransen, signe l'acte d'accusation « entre le 7 et le 11 mars », précisant qu'aucune information officielle n'a filtré de La Haye, mais que les rumeurs bruissent : le texte serait quasiment prêt et les réunions de coordination entre Daniel Fransen et le procureur Daniel Bellemare se sont terminées, ce dernier ayant fourni « tous les éclaircissements » que réclamait le juge Fransen. C'est pour cela que les estimations tournent beaucoup autour du 9 mars, à un ou deux jours près...
Concernant la teneur de l'acte d'accusation, la source en question juge « trop tôt » le fait d'en parler, sauf que différents milieux politiques ont affirmé à al-Markaziya que le texte sera publié comme un feuilleton, « en plusieurs fois ». La coutume veut, signalons-le, qu'un tribunal international prévienne les responsables du pays concerné à l'avance et qu'il leur donne la date de publication de l'acte d'accusation, « chose qui n'a pas encore été faite », indiquent les sources, estimant que Daniel Fransen s'en chargera d'ici « au début de la semaine prochaine, au maximum ».
Il est très difficile de donner une date, fut-elle approximative, à la naissance du cabinet Mikati, au lendemain de l'annonce définitive par le 14 Mars de sa non-participation et de sa réorganisation en une force d'opposition globale. Et ce qui n'aide en rien et qui décuple la stagnation ambiante sont les divergences de plus en plus nombreuses et inextricables au sein du même camp, celui du 8 Mars, malgré l'existence d'un brouillon de formule ministérielle très à la mode ces dernières heures...Même si certains très optimistes (ou très naïfs), qui se basent sur la position-charnière adoptée dimanche dernier par le 14 Mars, s'attendent à une formule finale dans les tout prochains jours, les (nombreux) obstacles restent de taille, et le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, ne manque aucunement d'y faire allusion, à...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut