La publication dans nos colonnes d'une lettre adressée par M. Richard Cham aux « Femmes chrétiennes de mon pays » (voir « L'Orient-Le Jour » du mardi 25 janvier 2011) suscite encore des remous. L'auteur de la missive apporte ici quelques précisions et une correspondante donne son avis sur le sujet.
Chères chrétiennes de mon pays
Suite aux remous engendrés par la publication de mon précédent article, je me trouve contraint d'intervenir une nouvelle fois pour clarifier certains points.
Avant de commencer, je tiens à sincèrement remercier la direction de L'Orient-Le Jour, qui a toujours soutenu la liberté d'expression. Je tiens également à remercier tous ceux et celles qui ont répondu à l'article. Leurs commentaires, leurs idées, leurs suggestions (même contraires à mon opinion) m'ont ainsi donné matière à réflexion.
Je ne sais quoi dire à toutes celles qui ont répondu par des insultes, sauf de déplorer fortement leur intolérance portant ainsi atteinte à l'image de la femme libanaise. Je tiens aussi à exprimer le fait que mon intention n'était nullement de critiquer la femme que je respecte et admire, mais d'élargir un débat qui souvent anime nos soirées et celles de nombreux Libanais. De toute évidence, le débat n'existe qu'en cas de problèmes dans le couple, allant de tiraillements quotidiens jusqu'au divorce.
Par ailleurs,
Chrétienne : parce que je considère que cette religion, avec tout mon respect pour toutes les autres, est la plus libérale vis-à-vis de la femme.
Mon pays : parce que, jusqu'à nouvel ordre, ce pays est encore loin de préserver l'ensemble des droits de la femme et d'en respecter ceux qui lui sont déjà acquis.
Mon article qui, bien innocemment et certes non intentionnellement, a déclenché une polémique parfois violente (révélée par l'abondant courrier), voulait tout simplement mettre en évidence, autant que faire se peut en quelques lignes, ce que je considère comme étant les deux systèmes de vie en famille : l'un qui privilégie l'individualité de chaque conjoint, l'autre qui l'atténue au bénéfice d'un consensus en faveur de l'un ou l'autre.
- Le premier consiste en une égalité absolue des conjoints dans tous les domaines pouvant mener ainsi à une dualité dans l'ensemble des décisions. Concernant l'autorité parentale, cette dualité ne manquera pas d'imprégner les enfants, dès leur plus jeune âge, au risque de les déboussoler et de les inciter à contester toute autorité. Cette même dualité à la tête de la famille peut conduire à sa désintégration totale et aboutir à un divorce, la femme se retrouvant seule, privée de la majeure partie de ses droits dans un pays où le système patriarcal sévit encore et où les droits de la femme sont bafoués.
Force est de constater que les cas dans notre société sont nombreux, les insultes qui m'ont été adressées n'y pouvant rien changer.
- Quant au second, il est évident que, se basant sur une décision prise par les deux conjoints, celle-ci doit néanmoins s'exercer par une seule autorité qui appartient, suivant le cas et en dernier recours, à l'un d'eux ; cette tête pouvant tout aussi bien être celle de l'homme que celle de la femme. Il m'apparaît que, dans le contexte socioculturel libanais et vu le poids des traditions que nous pouvons certes contester mais pas ignorer, cette autorité incombe à l'homme, l'essentiel, pour la famille, étant qu'il n'y ait d'un commun accord qu'une seule tête.
Par ailleurs, je tiens à mettre l'accent sur le fait que l'article n'a en aucune sorte mentionné que la femme doit rester à la maison, sans travailler, à pourvoir aux besoins de son mari. Bien au contraire, il y est bien précisé que les femmes dépassent souvent l'homme dans beaucoup de domaines, etc. J'en ai la conviction profonde, étant moi-même entouré d'une épouse, d'une sœur, de cousines et d'amies proches qui, grâce à leur intelligence, force de caractère et détermination, ont brillamment réussi aussi bien dans leur vie professionnelle que familiale.
Je ne comprends pas comment certaines personnes s'attardant probablement davantage à la forme (peut être maladroite) de l'article plutôt qu'à son fond ont pu arriver à de tels excès... Je ne peux comprendre non plus que les obligations énumérées dans mon article et incombant aussi bien à l'homme qu'à la femme aient pu être considérées comme un privilège pour l'homme !
Devrais-je présenter des excuses pour vous avoir fait part de ma réflexion sur des problèmes de la vie quotidienne de couples, problèmes souvent soulevés avec plusieurs amies, certaines très libérales, qui ont eu la patience, l'intelligence et l'objectivité d'en débattre ? L'objectif ultime de ces débats a toujours été de préserver la liberté de la femme, liberté malheureusement toujours pas reconnue et souvent bafouée.
Quant à la minorité de ces femmes agressives, je ne peux que regretter leurs répliques injurieuses à une opinion sincère ; à travers leurs clichés standard, elles ne vont jamais aborder objectivement le débat.
L'article était adressé à la majorité des femmes chrétiennes de mon pays qui se reconnaît dans la définition évoquée précédemment :
« À la base, une réussite... cultivées, éduquées, belles, bien dans leur peau, très sûres d'elles-mêmes, et ont su s'imposer dans tous les domaines, avec un taux de réussite au niveau professionnel dépassant parfois celui des hommes. »
Chères chrétiennes de mon paysSuite aux remous engendrés par la publication de mon précédent article, je me trouve contraint d'intervenir une nouvelle fois pour clarifier certains points. Avant de commencer, je tiens à sincèrement remercier la direction de L'Orient-Le Jour, qui a toujours soutenu la liberté d'expression. Je tiens également à remercier tous ceux et celles qui ont répondu à l'article. Leurs commentaires, leurs idées, leurs suggestions (même contraires à mon opinion) m'ont ainsi donné matière à...

