Le ministre du Travail Boutros Harb veut faire du Liban un pays qui respecte les droits des employées de maison. Photo Ibrahim Tawil
« Le contrat de travail devra être rédigé en deux langues, celle de l'employeur et celle de l'employée de maison, explique M. Harb. Il sera aussi interdit aux personnes ayant un casier judiciaire entaché d'embaucher une employée de maison. »
Le projet précise que « le patron est tenu de respecter l'intimité de son employée de maison », et de lui assurer une installation et un lieu de repos adéquats. Il a également « l'obligation de régulariser les permis de séjour et de travail de son employée. S'il ne le fait pas, il est passible d'une amende », affirme Boutros Harb. Le ministre observe, de plus, que l'employeur doit tenir un registre des analyses médicales de son employée et garder des copies des fiches de paie.
Repos hebdomadaire de 24 heures, horaires hebdomadaires de travail fixés à 60 heures, période continue de repos de 9 heures minimum par jour, congé annuel payé, indemnités de fin de service : le projet du ministre du Travail est ambitieux. « Les modalités d'application de ces clauses et plus spécifiquement du congé hebdomadaire peuvent être instaurées d'un commun accord entre les deux parties », estime M. Harb qui affirme qu'un numéro vert sera mis à la disposition des employées de maison pour recueillir leurs plaintes. Le cas échéant, « la police judiciaire aura l'autorisation d'aller enquêter dans les maisons », précise-t-il.
« La résiliation des contrats a aussi été pensée », explique le ministre. Il précise qu'en cas d'abus ou de licenciement abusif, des sanctions sont envisagées.
Soucieux d'améliorer l'image du Liban, tout en respectant les droits de l'homme et ceux des employées de maison, Boutros Harb conclut que « l'État de droit n'est pas lié à la race ».

