Baluchons sur la tête ou à l’épaule, valises à la main, ces habitants terrorisés fuient Abobo, en direction du Sud.Sia Kambou/AFP
Petite ville reculée, Zouan-Hounien se trouve non loin de la frontière avec le Liberia, à l'écart des axes stratégiques, mais les affrontements qui s'y sont déroulés marquent une nouvelle escalade après une semaine de violences croissantes.
Ouattara Seydou, porte-parole des rebelles, a déclaré que les Forces nouvelles avaient été la cible d'une attaque provenant de Zouan-Hounien et qu'elles se dirigeaient vers le Sud, en direction d'une autre ville aux mains de partisans de Gbagbo.
La Côte d'Ivoire risque de replonger dans une guerre civile alimentée par des antagonismes ethniques après l'élection de novembre. M. Ouattara a été déclaré vainqueur de la présidentielle par la commission électorale indépendante, mais le résultat, validé par les Nations unies, a été annulé par le Conseil constitutionnel, dirigé par un pro-Gbagbo. La crise a déjà fait plus de 300 morts et poussé le prix du cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial, à son plus haut niveau depuis 30 ans.
Plus de 80 000 personnes ont fui leurs foyers, dont la moitié vers le Liberia voisin, selon l'ONU.
Aux Nations unies, le secrétaire général, Ban Ki-moon, a déclaré que les affrontements mettaient la Côte d'Ivoire au bord de la guerre civile et il a invité toutes les parties à faire preuve d'un « maximum de retenue ». Dans une déclaration transmise par son porte-parole, Ban a également exhorté le camp de Gbagbo à cesser de bloquer et de menacer les Casques bleus de l'ONU.
À Abidjan, capitale économique du pays, des fusillades et explosions ont retenti dans la nuit de jeudi à vendredi dans le quartier d'Abobo, théâtre d'affrontements depuis mardi entre partisans de Gbabgo et de Ouattara. Le porte-parole du gouvernement Gbagbo, Ahoua Don Mello, a déclaré que les insurgés d'Abobo étaient des rebelles du Nord, mais le gouvernement parallèle de Ouattara, reclus dans l'hôtel du Golfe à Abidjan sous la protection de Casques bleus de l'ONU, assure qu'il s'agit de civils qui ont décidé de prendre les armes contre Gbagbo ou de soldats ayant fait défection.
Des habitants de Yamoussoukro, la capitale, ont aussi fait état de tirs au cours de la nuit.
(Source : Reuters)

