Plusieurs leaders d'opposition ont appelé leurs peuples à suivre l'exemple arabe, à faire eux aussi « la révolution ». Pour éviter la contagion, un pays comme la Guinée équatoriale a interdit la diffusion d'images des manifestations à Tunis ou au Caire, selon Reporters sans frontières (RSF).
« La révolte populaire en Afrique du Nord va inspirer l'Afrique subsaharienne de l'Angola au Burkina Faso, du Nigeria à l'Érythrée, estime Shehu Sani, militant nigérian des droits de l'homme. La question n'est pas de savoir si le soulèvement populaire aura lieu, mais quand. »
Toutefois, la chute des présidents tunisien et égyptien a été rendue possible par l'attitude bienveillante de l'armée et l'utilisation d'Internet et des réseaux sociaux qui ont mobilisé la jeunesse en dehors des partis et syndicats traditionnels. Or ces facteurs déterminants sont loin d'être réunis dans les pays du sud du Sahara, où les armées sont le plus souvent inféodées aux pouvoirs en place et où Internet a un taux de pénétration bien plus faible qu'au Maghreb.
« En Afrique subsaharienne, le problème, c'est que l'armée n'est pas toujours républicaine, elle est soumise à la volonté des chefs d'État », note Patrick N'Gouan, chef de la Coordination de la société civile ivoirienne (CSCI).
En outre, la multiplicité des ethnies en Afrique subsaharienne, manipulées à des fins politiques par les dirigeants du continent, handicape l'unité indispensable à tout mouvement contestataire d'ampleur, susceptible d'entraîner la chute d'un régime. Eze Osita, analyste politique nigérian, observe qu'en Afrique du Nord, il existe « une homogénéité » culturelle et religieuse « qui facilite la mobilisation, par opposition à la fragmentation en Afrique subsaharienne ». Selon lui, c'est à l'occasion des élections que des soulèvements populaires peuvent se produire dans cette partie du continent où une douzaine de scrutins sont programmés en 2011.
Takavafira Zhoub, universitaire zimbabwéen, tient cependant à mettre en garde contre les faux espoirs suscités par les révolutions du monde arabe en Afrique : « Elles peuvent donner l'occasion à ceux qui sont au pouvoir de renforcer la dictature pour consolider leur position. »
(Source : AFP)


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