Des milliers d’étudiants ont manifesté hier encore à Sanaa pour réclamer la chute du régime du président Ali Abdallah Saleh. Ahmad Gharabli/AFP
Dans la capitale Sanaa, des milliers de personnes ont entamé un sit-in pour exiger le départ du président Saleh, qui a affirmé qu'il ne partirait « que par les urnes ». Ils ont été rejoints par une douzaine de députés de l'opposition. « Le peuple veut le changement », « Dehors » ou « Le peuple veut la chute du régime », proclamaient des banderoles accrochées par les manifestants. Certains ont dressé des tentes avec l'intention de passer la nuit sur place. « Les étudiants ne partiront pas avant que le président ne s'en aille ou qu'ils tombent morts », a assuré l'un des manifestants, Mouammar al-Haidari.
Pour leur part, les ulémas du Yémen ont prohibé le recours à la force contre les manifestants, dans un communiqué publié après une réunion extraordinaire. Ce sit-in intervient au lendemain de la décision de l'opposition parlementaire de se joindre à la contestation jusque-là menée essentiellement par des étudiants. Les forces de sécurité ont érigé des postes de contrôle, mais n'ont pas tenté de disperser les manifestants. Les manifestations, qui se déroulent quotidiennement à Sanaa depuis une dizaine de jours, ont été violemment réprimées par des partisans du pouvoir armés de gourdins, de pierres et d'armes blanches. Dimanche, pour la première fois, les manifestants n'avaient pas été inquiétés par les partisans du pouvoir, tenus à l'écart par la police.
À Aden en revanche, la police a continué à tirer sur les manifestants, faisant un nouveau mort hier à l'aube, selon des sources médicales. Ce décès porte à douze le nombre de manifestants tués dans la principale ville du sud du Yémen depuis le début des manifestations quotidiennes tournant à l'émeute, selon un bilan établi par l'AFP.
La protestation touche également d'autres villes yéménites. À Hodeïda, ville portuaire de l'ouest sur la mer Rouge, trois manifestants ont été blessés lors de heurts avec des partisans du régime, selon des témoins. À Taez, au sud de Sanaa, les manifestations se sont poursuivies pour la onzième journée consécutive. Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées sur une place proche du siège de la municipalité où elles ont dressé des tentes pour passer la nuit.


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