Le ministre sortant de la Jeunesse et des Sports, Ali Abdallah, a exprimé pour sa part son optimisme quant à la naissance prochaine du nouveau cabinet, qui, selon lui, ne saurait tarder. Il a indiqué à ce propos que le président du Parlement, Nabih Berry, œuvre d'arrache-pied pour faciliter la formation du nouveau gouvernement en tentant de rapprocher les points de vue. Selon lui, le plus grand défi auquel sera confrontée la prochaine équipe est la question socio-économique, « l'ancien gouvernement n'ayant pas réussi à trouver une solution à la crise et à la dette publique croissante », a-t-il dit.
Le député d'Amal Ali Khreiss a appelé à son tour à hâter la formation d'un gouvernement de salut national « dans l'intérêt du peuple libanais, afin que les dossiers sociaux et humanitaires soient traités ». M. Khreiss a évoqué la réunion qui s'est tenue entre le mouvement Amal et le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, au cours de laquelle ont été examinées les constantes nationales « telles que la trilogie peuple-résistance-armée », ainsi que les projets de développement qui doivent figurer dans la déclaration ministérielle (la question de l'extraction du pétrole, le dossier du Litani, etc.)
Le député du même bloc, Ali Bazzi, a indiqué que « si certains ne désirent pas participer au nouveau gouvernement, cela ne signifie pas qu'il n'y aura pas de gouvernement ». « Nous avons accordé toutes les facilités afin de pouvoir mettre sur pied un gouvernement fort et capable de faire face aux défis, a-t-il affirmé. Ce n'est pas dans nos habitudes de pratiquer l'hégémonie et la dictature comme le font les autres », a-t-il dit. Et le député d'accuser « certaines parties de l'intérieur » d'œuvrer, « en coordination avec les cercles occidentaux, afin de rendre la période à venir encore plus ardue qu'avant ».
L'ancien ministre, le général Issam Abou Jamra, s'est interrogé sur le « marché » qui entoure la formation du gouvernement, se demandant « s'il est nécessaire que les ministères soient accordés sur mesure », chaque chef de parti choisissant les portefeuilles « qui s'accordent à ses ambitions ». Abou Jamra s'est également demandé si les Libanais sont obligés de supporter les conséquences du retard dans la formation du gouvernement et de subir « les déclarations des uns et des autres, leurs conditions rédhibitoires et les règlements de compte avec les adversaires ». Selon lui, les tentatives entreprises par M. Mikati pour concilier les points de vue entre les camps du 8 et du 14 Mars sont devenues vaines après l'échec des médiations saoudienne et syrienne. Et de reconnaître que la constitution d'un gouvernement formé de membres du 8 Mars et d'autres choisis au centre « n'est pas facile non plus ».
Le député du Courant patriotique libre, Simon Abi Ramia, a réitéré le fait que le CPL représente le plus grand bloc chrétien et deviendra le plus grand bloc au sein de la nouvelle majorité. « Par conséquent, a-t-il dit, il n'est pas acceptable qu'on lui refuse le portefeuille de l'Intérieur. » Réagissant aux propos du directeur des FSI, le général Achraf Rifi, qui avait dit qu'il était confiant quant à sa relation avec le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, M. Abi Ramia a répondu : « Nous n'allons pas le ménager. Il se calmera un jour. » Et de rappeler que le ministre Baroud « était condamné à trouver des consensus ». Il a souligné que le refus des aounistes de voir Baroud retourner à l'Intérieur « n'est pas un manque de respect à son égard ».
Le député du même bloc, Ziyad Assouad, a indiqué qu'il n'y a aucune raison pour que M. Mikati se désiste de la formation du gouvernement, estimant que le retard mis est naturel par rapport au processus. Selon lui, « les revendications du CPL ne sont pas exagérées et ne sont autres qu'un droit qui revient à un grand rassemblement politique ». Relevant que le CPL a renoncé au portefeuille des Finances pour le laisser aux sunnites, il a indiqué qu'il n'est pas acceptable de renoncer au ministère de l'Intérieur et d'abandonner par conséquent aux autres tous les ministères régaliens.
Également membre du bloc aouniste, Michel Hélou a affirmé de son côté que la constitution du gouvernement passe actuellement par une crise, soulignant que M. Mikati « ne peut pas former un gouvernement d'union nationale au vu des divisions politiques qui prévalent ». « De même qu'il ne peut former un gouvernement monochrome à cause de ses engagements envers la communauté sunnite, à la lumière surtout du communiqué publié par Dar el-Fatwa qui a reçu l'aval de M. Mikati », dit-il.
De son côté, le député de Zghorta, Salim Karam, a relevé le flou qui entoure la formation du gouvernement, estimant qu'il est normal que cette période se prolonge un certain temps. Répondant à une question, M. Karam a assuré que le chef des Marada, Sleimane Frangié, ne renoncera pas aux candidats ministrables qu'il a nommés.
Le chef du Parti du dialogue (al-Hiwar), Fouad Makhzoumi, a indiqué que les négociations menées par M. Mikati pour la mise sur pied du gouvernement « resteront tronquées et sujettes aux critiques tant qu'elles n'incluent pas les pôles sunnites et chrétiens de Beyrouth, notamment ceux qui font partie de l'ancienne opposition et qui n'ont jamais pris part aux exacerbations confessionnelles ». « Il est temps que la capitale soit représentée par ses forces réelles qui ont offert des services majeurs à Beyrouth », a-t-il dit.

