La délégation US emmenée par John McCain, hier, à la Maison du centre, en compagnie de Saad Hariri. Photo Dalati et Nohra
M. Hariri, qui s'exprimait devant des délégations des secteurs des avocats et des ingénieurs au sein du courant du Futur et de l'association Futuwa islamiya, a souligné l'importance d'une participation massive à la prochaine célébration du 14 Mars.
Il a par ailleurs reçu à la Maison du centre les sénateurs américains John McCain et Joseph Lieberman, en présence de l'ambassadrice américaine au Liban Maura Connelly, de M. Nader Hariri et des conseillers Mohammad Chatah et Hani Hammoud. La discussion a porté sur la situation au Liban et dans la région, et les relations bilatérales. M. Hariri a donné un dîner en l'honneur de McCain et Lieberman, et de la délégation qui les accompagne.
Dans la journée, M. Hariri avait également rencontré le leader du Parti national libéral, le député Dory Chamoun, en présence de son conseiller Ghattas Khoury, ainsi que le vicaire patriarcal général, Mgr Roland Abou Jaoudé, accompagné de Mgr Samir Mazloum, qui l'ont invité à prendre part à la célébration honorant le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, le 5 mars prochain à Bkerké.
Mahfoud
Le Premier ministre sortant s'est également entretenu avec le chef du Mouvement du changement, Élie Mahfoud, qui a estimé que « le Hezbollah agit aujourd'hui comme si le Liban était Gaza », énumérant toute une liste d'exactions et de crimes commis par le Hezbollah depuis 2005, notamment l'affaire du capitaine Samer Hanna, les événements du 7 mai 2008 ou encore les agressions contre l'armée à Chiyah et les combats avec les Ahbache à Bourj Abi Haïdar, l'an dernier.
« Lorsqu'il a fait tout cela, le Hezbollah ne contrôlait pas le pouvoir dans son ensemble, a souligné Élie Mahfoud. Qu'en sera-t-il si l'opportunité lui est donnée de prendre totalement les rênes du pouvoir au Liban et d'imposer sa volonté - et nous avons vu comment le secrétaire général du Hezbollah convoque certains dirigeants sunnites et en congédie d'autres, comme cela a été le cas avec l'ancien Premier ministre Omar Karamé et le Premier ministre désigné Nagib Mikati ? Et voilà qu'aujourd'hui, nous entendons parler des conditions dont le Premier ministre désigné aurait été tenu au courant, notamment concernant la nécessité que la déclaration ministérielle ne fasse pas mention du tribunal international », a indiqué M. Mahfoud à l'issue de la rencontre.
« Le Hezbollah doit savoir que le tribunal n'est pas la propriété de la famille Hariri ou des sunnites seulement, et c'est à partir du domicile de la famille Hariri que je tiens ces propos, a souligné M. Mahfoud. Ce tribunal concerne autant les maronites que les sunnites, les druzes, les chiites ou la République libanaise tout entière. Si l'objectif est de torpiller le tribunal en retirant les juges, en bloquant le financement ou en mettant fin à la coopération entre ce dernier et le Liban à travers le protocole, qu'ils aillent alors s'occuper d'autres choses. » Cette résolution de l'ONU adoptée par le Conseil de sécurité (portant formation du TSL), nul ne peut lui porter atteinte d'aucune façon », a ajouté M. Mahfoud.
« Le danger dans ce que fait le Hezbollah ne réside pas seulement dans la militarisation de la situation politique au Liban, ou l'isolement du Liban de la scène arabe et internationale, mais il réside surtout dans le fait que ces personnes transforment le Liban en État voyou », a-t-il ajouté, en évoquant les conséquences que cela aurait sur les engagements financiers du Liban.
« Le Hezbollah s'est lui-même placé sur le banc des accusés (...) Nous ne l'avons pas accusé une seule fois, a relevé M. Mahfoud. Le Hezb doit savoir qu'au moment de la publication de l'acte d'accusation, il se transformera immédiatement d'une partie libanaise en une organisation terroriste, ce qui aura des conséquences très graves qui ne peuvent être résorbées par l'État et le peuple (...) Ils ne doivent pas chercher à profiter de ce qui se passe sur la scène arabe en termes de soubresauts et de chutes de régimes. Ce qui se produit réellement est dans l'intérêt du peuple libanais et du public du 14 Mars, qui a initié ce phénomène de révolution pacifique, lequel s'est ensuite diffusé sur la scène arabe. Ce qui se passe aujourd'hui n'est pas le résultat du coup d'État mené par le Hezbollah et ses collaborateurs, mais le fruit de l'action du public du 14 Mars », a-t-il noté.
Et de conclure : « J'ai dit au Premier ministre Hariri que la présidence du Conseil a été spoliée. Les efforts de certains pour nous inciter à entrer dans le gouvernement Mikati ne sont que des mots creux. Du moment que ce poste a été confisqué, il n'y a qu'une solution : recouvrer le bien volé le jour de la haute trahison et du coup d'État que nous ne pouvons pas accepter comme un fait accompli. »

