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Moyen Orient et Monde

L’onde de choc continue de se propager au Proche-Orient

Le Bahreïn, le Yémen, le Koweït, la Jordanie et l'Irak toujours secoués par les mouvements de protestation.

« Dégage, Ali », tague un manifestant à Sanaa, en référence au président yéménite Ali Abdallah Saleh. Mohammad Huwais/AFP

Des milliers de Bahreïnis occupaient hier la place de la Perle à Manama, en fin d'après-midi, des jeunes s'employaient à dresser d'autres tentes sur la place, se joignant aux protestataires y ayant passé une première nuit sans entraves. « La nuit s'est passée sans problème », déclare Tahar, un étudiant qui dit n'avoir pas dormi pour monter la garde, avec des dizaines d'autres jeunes, sur cette place devenue le symbole de la contestation lancée le 14 février. « Nous avons peur de voir les forces de sécurité nous attaquer par surprise comme elles l'avaient fait jeudi » lorsque la police a donné l'assaut à l'aube contre les protestataires en plein sommeil, faisant quatre tués, ajoute-t-il.
La place a été reconquise par les manifestants, en majorité chiites, après le retrait de l'armée ordonné par le prince héritier Salman ben Hamad al-Khalifa, samedi. Différents corps de métier ont défilé sur la place en signe de solidarité avec les protestataires, dont des dizaines d'enseignants et d'ouvriers de la compagnie Aluminium Bahrain.
Entre-temps, les mouvements de l'opposition tenaient des concertations pour « élaborer un document résumant leurs positions », y compris la mise en place d'une commission qui se chargerait de « l'élaboration d'une Constitution à soumettre à un référendum », selon Ali al-Assouad, élu du mouvement chiite al-Wefaq.
L'opposition a réaffirmé hier qu'elle maintenait comme préalable au dialogue avec le pouvoir la démission du gouvernement responsable, selon elle, de la répression sanglante de la contestation populaire. « L'opposition ne refuse pas le dialogue » proposé par le prince héritier, « mais réclame une plate-forme qui favorise le dialogue », a déclaré à l'AFP Abdel Jalil Khalil Ibrahim, chef du bloc parlementaire du Wefaq, principal mouvement de l'opposition chiite.
Par ailleurs, l'opposition parlementaire au Yémen a annoncé qu'elle se joignait au mouvement de protestation mené notamment par des étudiants contre le régime du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, affirmant qu'elle ne reprendrait pas le dialogue avec le gouvernement sous la menace des armes. Hassan Baoum, principale figure de la contestation sudiste, a été arrêté après son arrivée à Aden, où il comptait participer au mouvement. Un manifestant y a été tué hier, selon des sources médicales. Plusieurs centaines d'étudiants ont en revanche manifesté devant le campus de l'Université de Sanaa sans être inquiétés par les partisans du pouvoir tenus à l'écart par la police.
Au Koweït, des centaines d'apatrides arabes ont, en outre, manifesté pour la troisième journée consécutive, réclamant d'être naturalisés, selon le photographe de l'AFP sur place. Les manifestations se sont déroulées sans incidents.
En Jordanie, le roi Abdallah II a appelé hier le gouvernement, le Parlement et la justice à prendre des mesures rapides pour engager des « réformes politiques réelles », entamer un « dialogue général » et lutter contre la corruption. « Je veux des résultats rapides. Lorsque nous évoquons les réformes politiques, il s'agit de réformes modernes », a affirmé le roi, cité par l'agence officielle Petra.
Des partisans du régime jordanien avaient attaqué vendredi une manifestation de centaines de jeunes qui réclamaient des réformes et « la fin de la corruption », faisant plusieurs blessés, les premières violences dans le royaume depuis le début du mouvement de contestation sociale et politique en janvier. Le ministre de la Justice Hussein Mjalli a annoncé hier avoir ouvert une enquête.
En Irak, une télévision kurde, qui avait diffusé des images de la manifestation de jeudi contre le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) à Souleimaniyeh, a été attaquée dans la nuit de samedi à dimanche par des hommes armés qui ont blessé le gardien et saboté le matériel.
Samedi, dix manifestants avaient été blessés lors d'affrontements avec les forces de sécurité kurdes. Les échauffourées se sont produites quand des manifestants ont tenté d'entrer dans un siège du PDK, distant de 400 mètres de celui qu'ils avaient attaqué jeudi.
Enfin, les députés irakiens ont refusé hier de se serrer la ceinture comme leur demandait le gouvernement, et n'ont accepté qu'une petite diminution de leur salaire alors que des manifestations ont lieu quotidiennement pour leur reprocher leur train de vie.
Des milliers de Bahreïnis occupaient hier la place de la Perle à Manama, en fin d'après-midi, des jeunes s'employaient à dresser d'autres tentes sur la place, se joignant aux protestataires y ayant passé une première nuit sans entraves. « La nuit s'est passée sans problème », déclare Tahar, un étudiant qui dit n'avoir pas dormi pour monter la garde, avec des dizaines d'autres jeunes, sur cette place devenue le symbole de la contestation lancée le 14 février. « Nous avons peur de voir les forces de sécurité nous attaquer par surprise comme elles l'avaient fait jeudi » lorsque la police a donné l'assaut à l'aube contre les protestataires en plein sommeil, faisant quatre tués, ajoute-t-il.La place a été reconquise par les manifestants, en majorité chiites, après le retrait de l'armée ordonné par le prince...
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