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Moyen Orient et Monde - Maghreb

Saif el-Islam Kadhafi expose un scénario du pire en Libye

Près de 233 morts depuis le début des violences dans la jamahiriya, le Maroc se réveille, la Tunisie demande l'extradition de Ben Ali...
Saif el-Islam Kadhadi, le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a affirmé que la Libye était au bord de la guerre civile et était la cible d'un complot étranger, lors d'une allocution télévisée dans la nuit de dimanche à lundi. Il a en outre démenti les bilans faisant état de « centaines » de morts dans les violences en Libye, appelant le peuple à la retenue, faisant miroiter un scénario catastrophe de chaos et d'une crise sociale et économique majeure au cas où les violences se poursuivront. Il a également mis en garde contre la sécession du pays et la création d'émirats islamiques au cas où le pays se désintègre. Le Congrès général du peuple se réunira lundi pour évoquer un programme de réformes concernant une nouvelle Constitution et des lois plus libérales, a par ailleurs promis le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
La situation avait dégénéré hier, en Libye, les forces de l'ordre tirant des gaz lacrymogènes dans la nuit, à Tripoli, pour disperser des manifestants antirégime dans le quartier populaire de Gurgi, a indiqué à l'AFP un habitant du quartier joint par téléphone. « Il y a des manifestations. On entend des slogans contre le régime et des tirs. Le gaz lacrymogène a envahi la maison », a indiqué ce témoin sous le couvert de l'anonymat. Un autre témoin a indiqué à l'AFP avoir vu en début de soirée des pneus brûlés dans ce quartier situé à l'entrée ouest de Tripoli, alors que d'autres témoins ont signalé des coups de feu dans la capitale.
Au moins 233 personnes ont été tuées, depuis le début de la contestation le 15 février, selon Human Rights Watch (HRW). La plupart des victimes ont été tuées à Benghazi, deuxième ville du pays, à 1 000 km à l'est de Tripoli. Bastion de l'opposition, Benghazi est devenue le théâtre de « massacres », a affirmé Fathi Terbeel, un des organisateurs des manifestations, sur la chaîne al-Jazira. « Cela ressemble à une zone de guerre ouverte entre les manifestants et les forces de sécurité », dit-il. Les services de sécurité, cités par l'agence officielle JANA, ont indiqué que des affrontements se poursuivaient autour d'une caserne de Benghazi, faisant des morts et des blessés parmi les assaillants et les militaires. Selon des témoins, de nombreux manifestants avaient été tués samedi lors d'une tentative d'assaut contre cette caserne. « Il semble que le leader libyen ait ordonné à ses forces de sécurité de mettre fin à tout prix aux manifestations et que les Libyens soient en train de payer ce prix de leur vie », a dénoncé Amnesty International.
Le Premier ministre al-Baghdadi al-Mahmoudi a indiqué que la Libye était en « droit de prendre toutes les mesures » pour préserver l'unité du pays, lors d'une réunion avec les ambassadeurs des pays de l'Union européenne à Tripoli, selon l'agence JANA. L'Union européenne a appelé de son côté le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à répondre aux attentes « légitimes » de son peuple et à cesser « immédiatement » de recourir à la violence contre des manifestants pacifiques. Les États-Unis ont fait part, quant à eux, de leur profonde préoccupation face à des informations crédibles faisant état de centaines de morts et de blessés en Libye, et ils ont exhorté le gouvernement du pays à autoriser les manifestations pacifiques.
La Ligue arabe a appelé pour sa part dans un communiqué « à cesser immédiatement tous les actes de violence ». Le représentant permanent de la Libye auprès de la Ligue, Abdel Moneim al-Honi, a annoncé qu'il démissionnait pour rejoindre « la révolution » et protester contre la « violence contre les manifestants » dans son pays.
Pour sa part, Mouammar Kadhafi n'a fait aucune déclaration officielle depuis le début du mouvement, alors que plusieurs rumeurs ont évoqué son départ hier soir vers un pays tiers.
Par ailleurs, au Maroc, des milliers de personnes ont manifesté dans de nombreuses villes du pays en faveur de réformes politiques limitant les pouvoirs du roi. Les rassemblements ou défilés ont largement été pacifiques, mais des incidents se sont produits à l'issue de manifestations dans plusieurs villes : Marrakech dans le sud et Larache, Tétouan et al-Hoceima dans le nord, selon des témoins et l'agence marocaine MAP. La police s'est montrée particulièrement discrète dans la capitale, laissant la manifestation se dérouler sans interférence.
En Tunisie, le mouvement de contestation ne semblait pas faiblir. Des milliers de Tunisiens ont manifesté dans la capitale pour réclamer la démission du gouvernement de transition de Mohammad Ghannouchi, après une nouvelle semaine d'instabilité marquée par le meurtre d'un prêtre polonais à la mémoire duquel une messe a été célébrée.
Par ailleurs, Tunis a demandé hier à Riyad l'extradition du président déchu Ben Ali, accusé d'être impliqué « dans plusieurs crimes graves », et a réclamé des informations sur son état de santé ou « son décès éventuel ».
Enfin, en Algérie, un député du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD - opposition) a été grièvement blessé samedi lors d'une tentative de marche, réprimée par d'importantes forces de l'ordre, contre le régime dans le centre d'Alger, ont affirmé des membres de l'opposition. Le député faisait partie des manifestants qui tentaient d'atteindre la place du Ier Mai pour participer à une marche à l'appel de la CNCD. Selon des journalistes, le nombre de manifestants, badauds et policiers confondus, était de 3 000 environ.
Saif el-Islam Kadhadi, le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a affirmé que la Libye était au bord de la guerre civile et était la cible d'un complot étranger, lors d'une allocution télévisée dans la nuit de dimanche à lundi. Il a en outre démenti les bilans faisant état de « centaines » de morts dans les violences en Libye, appelant le peuple à la retenue, faisant miroiter un scénario catastrophe de chaos et d'une crise sociale et économique majeure au cas où les violences se poursuivront. Il a également mis en garde contre la sécession du pays et la création d'émirats islamiques au cas où le pays se désintègre. Le Congrès général du peuple se réunira lundi pour évoquer un programme de réformes concernant une nouvelle Constitution et des lois plus libérales, a par ailleurs promis le fils du...
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