Le bateau scientifique du CNRS pour l’étude de la pollution et des profondeurs marines.
Selon un communiqué publié par le CNRS, l'objectif de cet événement était de réunir les institutions et les personnes concernées par la connaissance de l'environnement physique de la zone maritime proche des côtes libanaises : chercheurs scientifiques et acteurs de l'aménagement côtier, intervenants dans les politiques d'exploitation des fonds marins et exploitants des ressources humaines.
M. Alexandre Sursock, directeur du Centre de géophysique du CNRS, a exposé l'intérêt des travaux scientifiques menés par le Conseil à ce jour et fait part de la préparation de l'étude bathymétrique côtière du projet CANA financé par le Bureau de coopération italienne. Il a fait la première présentation publique des résultats des découvertes de la croisière océanographique Shalimar qu'une « équipe franco-libanaise a réalisée en 2003 » sur le bateau de l'Ifremer, N/O le Suroît. Ce sont ces découvertes qui sont à l'origine du projet de bathymétrie côtière du CNRS, soumis à la Coopération italienne et qui en ont établi le grand intérêt et la grande nécessité, a-t-il expliqué.
Au cours de l'opération Shalimar, a rappelé M. Sursock, la découverte, notamment d'un réseau complexe de canyons sous-marins entrelacés au large du Liban central, la déformation active des fonds marins que cette complexité suggère, sont autant d'indices révélateurs du risque sismique associé à la situation géologique si particulière du Liban. Il est ainsi démontré, a-t-il dit, que ce haut relief isolé du Mont-Liban plonge quasi verticalement vers les grandes profondeurs dans la mer (de 3 000 m en l'espace de 20 km) et que la déformation des fonds marins est l'indicateur d'une croissance active de ce relief par des poussées tectoniques portant sur sa marge continentale.
M. Sursock a aussi exposé toutes les techniques mises en œuvre au cours de Shalimar et des matériels qui seront acquis pour l'opération de bathymétrie côtière et qui, suite à ce projet, donneront des moyens décisifs aux chercheurs physiciens ou biologistes marins et aux exploitants de la ressource marine.
La géomorphologie et la stabilité de la marge continentale constitueront ainsi le premier objectif scientifique de CANA. Les données bathymétriques seront ainsi essentielles pour comprendre et gérer la ressource marine, a-t-il dit.
Expert en droit de la mer, M. Élie Jarmache a pour sa part exposé le cadre juridique dans lequel toute opération dans les eaux proches ou lointaines doit être conduite pour assurer la préservation de l'intérêt national. Il a aussi mis en évidence tout l'avantage qu'a un État côtier à déclarer sa zone économique exclusive.
M. Charles Francis, propriétaire du club de plongée Divers Lebanon, a parlé de l'apport que la plongée sous-marine moderne peut fournir au chercheur ou à l'exploitant, alors que M. Zaher Sleiman, représentant le ministère de l'Énergie et des Ressources hydrauliques, a fait état d'un ouvrage sous-marin en préparation.
Selon le communiqué du CNRS, la finesse de l'étude CANA sera telle qu'elle permettra la cartographie des cratères de résurgence d'eau douce karstique sans effort particulier. Elle sera aussi en mesure d'imager épaves et vestiges immergés. L'archéologie sous-marine est ainsi une des premières applications possibles. Le Liban, signataire et promoteur de la convention internationale pour la protection du patrimoine submergé, se donnera ainsi les moyens de ses ambitions.
Parmi les retombées économiques, on citera : les travaux de génie maritime qui seront les grands bénéficiaires de la bathymétrie de la zone côtière. On se souvient ainsi que le premier câble sous-marin téléphonique a été posé dans les années 1960 dans le canyon du Normandy. La sécurité des approches portuaires sera mieux assurée par de nouvelles cartes électroniques convenant au pilotage automatique. L'exploitation précise des sables littoraux par dragage sera rendue possible. Mais il ne faut pas oublier simplement la plongée et le tourisme subaquatique si largement répandu en Méditerranée, conclut le texte.

