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Diaspora

Poème de Maryse Romanos, une émigrée de Guadeloupe

Et la mer, en nous, tressaillante, / tresse des souvenirs rebondissants / sur les rochers saillants.
Et la mer, en nous, tressaillante, / tresse sur sa chevelure / les reflets d'un exil exaltant l'aventure. / Et que vive / la puissance d'un exil relatant l'image soyeuse / des cèdres en dormance.
Et la montagne, en nous, tressaillante, / tresse l'histoire rebondissante / de ses neiges éternelles « labné » / de la rosée qui perle au sein des crosses de fougères.
Et gémit en ton cœur, maman, / la fraîcheur du cèdre et sa natte de tendresse. / Et remonte lentement, lentement, / l'histoire d'un monde qui s'enfuit, / celui du grand-père, prêtre maronite.
Et danse et danse encore cette lance, / frange de la sentence de l'exil. / Et au soir de ta vie, / danse et danse encore cette relance / d'une boule de neige dans ta main / qui fait le tour du soir bleuté / où se dévoilent les caravelles.
Mais ces caravelles continuent leur destin vers le quai de l'exil / foulant l'incandescence de semailles de l'absence.
Et ce ministre de Dieu, tu le revois, t'attendant sur le pas de ta porte, / délice de ton enfance en danse. / Naissance frissonnante en puissance d'un silence sifflant la danse / et une belle blessure forgée dans ce Nouveau Monde aux rivages multiples.
Et s'estompent ces neiges éternelles dans le goût amer de l'exil. / Et les races pacifiées jouent pour toi la mangrove biguinée de son Nouveau Monde. / Et l'alizé en écumeux ourlets contre la Pointe-à-Pitre / vibrante en ton nid exhale la couleur phénicienne.
Et la mer, en nous, frissonnante, / éprise de liberté, vibre dans ton regard apaisant du sourire du Liban. / Ce regard garde nuage d'exil aux rivages de ce Nouveau Monde.
Mais tes mains baptisent les prières de la passion / aux rivages de la créolisation. / Et le pitt du soleil fait aux cèdres / une grâce amicale où rayonne la tendresse.
Et la mer, en nous, tressaillante, / tresse des souvenirs rebondissants / sur les rochers saillants.Et la mer, en nous, tressaillante, / tresse sur sa chevelure / les reflets d'un exil exaltant l'aventure. / Et que vive / la puissance d'un exil relatant l'image soyeuse / des cèdres en dormance.Et la montagne, en nous, tressaillante, / tresse l'histoire rebondissante / de ses neiges éternelles « labné » / de la rosée qui perle au sein des crosses de fougères.Et gémit en ton cœur, maman, / la fraîcheur du cèdre et sa natte de tendresse. / Et remonte lentement, lentement, / l'histoire d'un monde qui s'enfuit, / celui du grand-père, prêtre maronite.Et danse et danse encore cette lance, / frange de la sentence de l'exil. / Et au soir de ta vie, / danse et danse encore cette relance / d'une boule de neige dans ta main / qui fait...