"Gouvernement de Ghannouchi dégage!", scandaient en faisant le geste de la main les manifestants qui se dirigeaient vers la Kasbah, siège de la primature et haut-lieu de la contestation de janvier, tandis que des hélicoptères tournoyaient dans le ciel.
"La population veut la chute du régime", "La population doit se révolter contre les vestiges de l'ancien régime", "Génération de colère, génération qui a provoqué la révolution", criaient encore les manifestants rassemblés après un appel lancé sur Facebook.
Sur des banderoles, on pouvait aussi lire: "Démission du Premier ministre, Assemblée constituante, Indépendance de la justice" ou bien "Système parlementaire".
"Nous sommes contre l'Etat de Ghannouchi parce que notre révolution n'a abouti à rien avec ce Ghannouchi, cette équipe de Ben Ali n'a rien changé. Le RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique, ex-parti au pouvoir) existe toujours même s'ils ont promis de le dissoudre après sa suspension. C'est du bluff", a déclaré Samia Mahfoudh, enseignante de 50 ans.
"Ils nous prennent pour des dupes. Tous les membres du Parlement et des conseils de région ont été élus par l'ancien régime, la Constitution a été réformée par l'ancien régime. Le RCD veut semer la terreur", a dit de son côté Sami Ben Moumen, médecin de 30 ans.
Mohamed Ghannouchi a été le Premier ministre de Zine El Abidine Ben Ali de 1999 jusqu'à sa chute le 14 janvier sous la pression populaire.
Après la formation, le 17 janvier, d'un gouvernement d'union nationale dans lequel l'équipe sortante avait conservé la majorité des postes, des milliers de personnes avaient manifesté quotidiennement pour obtenir leur démission. Sous la pression de la rue, M. Ghannouchi avait remanié le gouvernement de transition épuré des principaux caciques de l'ancien régime le 27 janvier.
Depuis, des élections libres ont été annoncées pour dans six mois. Une commission a été nommée pour déterminer le type d'élections qui seront convoquées tandis que plusieurs partis d'opposition ont réclamé l'élection d'une constituante et la création d'un comité de sauvegarde de la révolution.


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