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Économie - Automobile

Sollers se détourne de Fiat et s’allie avec Ford

La coentreprise avec le géant américain coûtera moins cher puisque ce dernier dispose déjà de capacités en Russie.

Le marché automobile russe devrait devenir à moyen terme « l’une des locomotives » de la croissance du marché mondial.

Le constructeur automobile russe Sollers, qui a abandonné son projet de coentreprise avec l'italien Fiat pourtant annoncé en grande pompe début 2010, a décidé de miser plutôt sur l'américain Ford pour développer sa production en Russie, dont le marché s'est remis de la crise.
En effet, et contre toute attente, Sollers et Fiat ont annoncé hier avoir mis fin à leurs négociations pour produire jusqu'à 500 000 véhicules par an en Russie.
Un accord préliminaire avait pourtant été signé en février 2010 lors d'une cérémonie solennelle à Naberjenye Tchelny, au Tatarstan (centre), sous l'œil bienveillant du Premier ministre russe Vladimir Poutine.
À l'époque, les partenaires avaient déclaré leur ambition de donner naissance à un « second acteur de poids sur le marché automobile russe », après le groupe Avtovaz (producteur des Lada), dont le français Renault détient 25 % du capital.
Désormais, Fiat compte poursuivre sa route tout seul, tout en conservant son objectif de produire jusqu'à un demi-million de véhicules par an en Russie, a précisé un porte-parole du groupe italien à l'AFP, sans vouloir indiquer les raisons de la fin des négociations avec Sollers.
Ce dernier continuera en revanche à produire, comme c'est le cas aujourd'hui, des modèles Fiat pour le marché russe, a ajouté le porte-parole de Fiat. Le groupe assemble en effet 25 000 véhicules par an, répartis entre les modèles Albea, Doblo, Linea et Albea.
Peu après l'annonce de la rupture des négociations avec l'italien, Sollers a annoncé avoir signé un protocole d'accord pour la création d'une société commune avec l'américain Ford.
Détenue à parité par les deux partenaires, elle doit produire des véhicules Ford sur les lignes des usines des deux sociétés, dans la région de Léningrad (nord-ouest de la Russie), et au Tatarstan, et ce d'ici à la fin 2011.
Le président de Ford, Stephen Odell, cité dans le communiqué, a souligné que la coentreprise renforcerait l'industrie automobile russe et s'est félicité de la consolidation de la marque Ford dans le pays.
Le constructeur américain est en effet déjà présent en Russie, où il a ouvert dès 2002 une usine dans la région de Léningrad pour y produire ses modèles les plus populaires Focus et Mondeo.
Pour l'analyste Elena Sakhnova, de la banque d'investissement VTB Capital, le choix de se tourner vers Ford semble plus logique.
« La coentreprise avec Ford est plus facile à réaliser que celle avec Fiat », commente-t-elle. Contrairement à Fiat, qui n'est pas une marque populaire dans le pays, Ford est une « marque connue », ajoute-t-elle.
Par ailleurs, Ford disposant déjà de capacités en Russie, la coentreprise coûtera moins cher. En février 2010, les investissements dans la société russo-italienne avaient été estimés à 2,4 milliards d'euros.
Pour Fiat, le revers est de taille. Le groupe, allié à l'américain Chrysler, veut en effet devenir un groupe automobile de premier plan d'ici à 2014 et mise notamment sur les pays émergents pour tenir ses objectifs ambitieux.
Or la Russie est « un marché sur lequel il faut entrer avec un partenaire local » et sur lequel Fiat « est déjà un peu à la traîne par rapport à ses concurrents comme Renault », a estimé Massimo Vecchio, analyste chez Mediobanca.
Et la concurrence est féroce. Les constructeurs étrangers se bousculent en effet de nouveau au portillon, le secteur automobile s'étant nettement remis depuis sa descente aux enfers de 2009, au cours de laquelle il avait connu une chute de 49 % des ventes de voitures.
Selon une étude du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC) publiée en janvier, le marché automobile russe devrait devenir à moyen terme « l'une des locomotives » de la croissance du marché mondial.
Le constructeur automobile russe Sollers, qui a abandonné son projet de coentreprise avec l'italien Fiat pourtant annoncé en grande pompe début 2010, a décidé de miser plutôt sur l'américain Ford pour développer sa production en Russie, dont le marché s'est remis de la crise.En effet, et contre toute attente, Sollers et Fiat ont annoncé hier avoir mis fin à leurs négociations pour produire jusqu'à 500 000 véhicules par an en Russie.Un accord préliminaire avait pourtant été signé en février 2010 lors d'une cérémonie solennelle à Naberjenye Tchelny, au Tatarstan (centre), sous l'œil bienveillant du Premier ministre russe Vladimir Poutine.À l'époque, les partenaires avaient déclaré leur ambition de donner naissance à un « second acteur de poids sur le marché automobile russe », après le groupe Avtovaz...
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