Le taux de chômage au Liban devrait reculer à 6,9 % d'ici à 2020, contre 8,5 % en 2008, tandis que ce dernier devrait augmenter à l'échelle régionale de 11,3 % à 11,7 % au cours de la même période, a indiqué dans un récent rapport l'Institut arabe de planification (IAP) - entité régionale indépendante à but non lucratif.
Selon l'étude, quelque 120 000 chômeurs libanais étaient recensés en 2008, pour une population active de quelque 1,5 million. L'IAP a prévu à cet égard une croissance moins importante du nombre de chômeurs au cours des neuf prochaines années par rapport à celle de la population active, prévue d'atteindre 1 816 000.
L'IAP a estimé, en parallèle, qu'une croissance annuelle de l'ordre de 5,15 % en moyenne d'ici à 2020 serait nécessaire pour réduire le taux de chômage à 5 % au Liban.
Il convient de préciser que le pays du Cèdre devrait figurer à l'horizon 2020 en 8e position parmi 17 pays de la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA), en termes de taux de chômage.
Selon l'étude de l'IAP, le Liban devrait ainsi arriver devant la Mauritanie (32,8 %), le Yémen (28,2 %), le Soudan (16,8 %) ou encore la Syrie (16,6 %), mais derrière les Émirats arabes unis (2,6 %), le Koweït (3,3 %), le sultanat d'Oman (4,8 %) ou encore la Jordanie (5,6 %).
En ce qui concerne la situation actuelle de l'emploi, l'institut souligne que le taux de chômage reste le plus élevé parmi les jeunes, indiquant que ces derniers représentaient en 2008 près de la moitié des chômeurs au Liban (48 %). Le rapport révèle à ce sujet que 20,9 % des jeunes Libanais étaient à la recherche d'un emploi, selon des chiffres de l'Organisation internationale du travail (OIT), qui remontent toutefois à l'année 2004.
Bilan négatif dans la région
En ce qui concerne le taux de chômage dans les pays de la région MENA, l'IAP a fait état d'une situation alarmante, prévoyant que le nombre de chômeurs atteindra 19 millions en 2020, contre 11 millions en 2008. En effet, la population active devrait atteindre 161 millions d'ici aux neuf prochaines années, contre 105 millions en 2008, tandis que le nombre effectif de personnes disposant d'un emploi devrait passer de 94 millions en 2008 à 144 millions en 2020.
Il convient de souligner que plusieurs organismes internationaux ont mis en garde contre une hausse du chômage dans la région, à l'instar du Fonds monétaire international (FMI) et de l'Organisation internationale du travail (OIT). Cette dernière avait récemment indiqué dans son rapport sur les tendances mondiales de l'emploi en 2011 que le taux de chômage au sein des pays arabes s'élevait à 10,3 % en 2010, contre 6,2 % en moyenne à l'échelle mondiale.
Les causes de la hausse du chômage dans les pays de la région MENA sont principalement imputables, selon l'IAP, à la croissance démographique, d'une part, et à une croissance économique insuffisante, d'autre part. « Le nombre d'habitants dans les pays arabes a triplé entre 1960 et 2008, passant de 86 millions d'habitants à 300 millions », indique à cet égard le rapport de l'IAP. En parallèle, l'institut a souligné « l'incapacité des économies arabes à dépasser le seuil des 5 % de croissance annuelle » en moyenne, nécessaire pour revitaliser le marché de l'emploi.
Les gouvernements de la région ont donc tout intérêt à plancher sur des solutions concrètes et réalisables, notamment à l'ombre des bouleversements sociaux que connaît la région depuis plusieurs mois.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine