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Moyen Orient et Monde - Critique

Gorbatchev a « honte » de la Russie

Le dirigeant soviétique critique un pays aux élites « dépravées » où la vie politique se résume à une « imitation ».

Un palais aurait-il été construit pour Poutine ? Un mystérieux complexe de plusieurs bâtiments, dont un palais de style italien, construit sur les bords de la mer Noire, est au centre d’une controverse en Russie. En décembre dernier, l’homme d’affaires Sergueï Kolesnikov, qui affirme avoir été invité à participer à la construction de ce mégaprojet, a écrit une lettre ouverte au président Dmitri Medvedev affirmant que ce palais avait été construit « pour l’usage privé de Vladimir Poutine », ex-président et actuel Premier ministre. L’intendance du Kremlin, qui gère les biens gouvernementaux, a catégoriquement démenti être impliquée dans ce projet. « Nous n’avons pas prévu et ne prévoyons aucune construction à cet endroit », a déclaré début février le chef de l’intendance, Vladimir Kojyne, à l’agence Interfax. Cette affirmation semble cependant en contradiction avec un décret du ministère du Développement économique autorisant le transfert de 10 % des parts de ce projet à un groupe public appelé Maison de repos Touapsé et qui appartient à l’intendance du Kremlin. Ce décret, datant de 2008 et disponible sur Internet (httm//pravo.levonevsky.org/bazaru09/raspor/sbor02/text02962.htm), énumère les composantes du projet, dont une portion de route construite sur des fonds publics, une piste d’hélicoptère, un « bâtiment de service » pour 56 personnes et un « bâtiment principal » d’une surface de 14 598 m2. La construction de ce palais s’élèverait à un milliard de dollars, selon M. Kolesnikov. Dmitry Shevchenko/AFP

Le dernier dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a vertement critiqué hier la Russie, dans un long entretien accordé au journal d'opposition Novaïa Gazeta dont il est l'un des actionnaires. M. Gorbatchev a notamment raconté que le chef adjoint de l'administration du Kremlin, Vladislav Sourkov, considéré comme le principal « idéologue » du pouvoir russe, l'a empêché de créer un parti social-démocrate. « J'avais l'intention avec mes amis de créer un parti. Quand Sourkov l'a appris, il m'a demandé "Ça vous sert à quoi ? De toute façon, nous n'enregistrerons pas votre parti" », a-t-il révélé.
« La classe dirigeante se conduit de manière révoltante. Ils sont riches et dépravés. Leur idéal, c'est (Roman) Abramovitch », milliardaire, propriétaire du club de football londonien Chelsea, de yachts et de villas luxueuses, estime M. Gorbatchev. « Je méprise cet idéal. J'ai honte de cette riche débauche. J'ai honte pour nous et pour le pays », a ajouté le père de la perestroïka, processus de libéralisation entamé en URSS dans la seconde moitié des années 1980 et qui a pris fin avec la chute du régime soviétique en 1991.
Critiquant la suppression de l'élection des gouverneurs par Vladimir Poutine et l'absence de liberté d'expression sur les télévisions nationales, M. Gorbatchev a dénoncé une « imitation » de vie politique en Russie. « Le président (Dmitri Medvedev) et Vladimir Vladimirovitch (Poutine) font de leur mieux, mais au lieu de prendre des mesures concrètes (...), ils rendent absurdes les lois électorales », a-t-il ajouté. Alors que le président Medvedev prône une modernisation de la Russie, M. Gorbatchev a estimé que l'un des principaux obstacles, la fuite des cerveaux, s'expliquait par les carences démocratiques. Quant à Vladimir Poutine, il reste considéré par beaucoup d'observateurs comme le véritable homme fort du pays. « La politique actuelle, où l'on use de tous les moyens pour se maintenir au pouvoir, est inacceptable », a conclu l'ancien président soviétique, qui avait été contraint de quitter le pouvoir fin 1991.
Mikhaïl Gorbatchev a par ailleurs annoncé dans cette interview qu'il fêterait ses 80 ans, à Moscou le 2 mars. Une soirée de gala sera également organisée à Londres au Royal Albert Hall le 30 mars. Les recettes du concert, auquel participeront notamment Sharon Stone, Bryan Ferry et The Scorpions, iront au Centre de traitement de la leucémie des enfants créé par son épouse Raïssa décédée d'un cancer en 1999.
M. Gorbatchev a aussi révélé dans l'entretien que Raïssa avait très mal vécu le putsch de 1991 qui avait miné sa santé : elle a eu une congestion cérébrale et une hémorragie dans les deux yeux.
Après le putsch raté, « je ne suis pas allé à la place de la Liberté où l'on m'attendait. Cela fait 20 ans qu'on me le reproche. J'étais avec elle », a-t-il confié. Elle a ensuite brûlé « les 52 lettres que je lui avais écrites, des lettres de notre jeunesse », pour protéger leur vie privée de « l'intrusion des étrangers ».
Le dernier dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a vertement critiqué hier la Russie, dans un long entretien accordé au journal d'opposition Novaïa Gazeta dont il est l'un des actionnaires. M. Gorbatchev a notamment raconté que le chef adjoint de l'administration du Kremlin, Vladislav Sourkov, considéré comme le principal « idéologue » du pouvoir russe, l'a empêché de créer un parti social-démocrate. « J'avais l'intention avec mes amis de créer un parti. Quand Sourkov l'a appris, il m'a demandé "Ça vous sert à quoi ? De toute façon, nous n'enregistrerons pas votre parti" », a-t-il révélé. « La classe dirigeante se conduit de manière révoltante. Ils sont riches et dépravés. Leur idéal, c'est (Roman) Abramovitch », milliardaire, propriétaire du club de football londonien Chelsea, de yachts et de...
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