Ce responsable explique que le principal litige a pour objet le ministère de l'Intérieur que Michel Aoun considère comme faisant partie de sa quote-part, et non plus de celle du chef de l'État.
On sent en tout cas de l'impatience du côté du CPL, dont le député Nabil Nicolas presse Nagib Mikati de « faire ses choix et de prendre les décisions adéquates » concernant les détails du prochain gouvernement et sa déclaration ministérielle, l'invitant à laisser « de côté » les hésitations du 14 Mars. Il a surtout rappelé au PM désigné qu'il avait obtenu sa désignation « de la majorité qui refuse le TSL ».
Son collègue Fady Abboud avertit pour sa part qu'il ne sera pas donné à l'opposition « les moyens de paralyser l'action du gouvernement » et que le 14 Mars est appelé à participer à l'équipe gouvernementale « selon les conditions de la majorité ». Il a également minimisé le conflit entre le chef de l'État Michel Sleiman et Michel Aoun, estimant que le poids du président « ne réside pas dans le nombre des ministres qui le représentent ».
Le député Kassem Hachem (Baas prosyrien) considère que les forces du 14 Mars cherchent une démocratie « sur mesure », soulignant qu'à partir du moment où le pouvoir a passé de mains d'une manière « démocratique et constitutionnelle », la majorité ne devrait plus « perdre de temps » pour former un cabinet de salut national.
Il a en revanche regretté le communiqué des assises sunnites de Dar el-Fatwa, l'accusant de relayer le point de vue « d'un courant politique plutôt que de sa communauté ».
Wi'am Wahhab attaque Mikati
Wi'am Wahhab, chef du parti Tawhid, s'est étonné de la volonté du PM Mikati d'« écarter » ceux qu'il a appelés les provocateurs, déclarant « ne permettre à personne » de mettre en question une époque dont il est fier et pendant laquelle il faisait partie des provocateurs pour « dénoncer » les abus du projet américain au Liban, ainsi que la corruption et autres vols.
Il a par ailleurs demandé comment Mikati pouvait se réunir avec « des voleurs et des assassins », et prendre à la légère des affaires aussi importantes que le fait de « défendre son pays et son arabité ».
Il a enfin déclaré que vu la façon dont on « se disputait les portefeuilles ministériels », il considérait qu'il était autant de « son droit » d'en obtenir, que d'autres.
L'émir Talal Arslan a pour sa part déclaré qu'il sentait sa communauté « lésée » par la part qu'elle aurait dans le prochain gouvernement, dénonçant « un traitement discriminatoire ».
Du côté du Hezbollah, Naïm Kassem a affirmé qu'il n'y avait plus moyen de « revenir en arrière », et que, dorénavant, « le Liban et la résistance étaient indissociables ».
Il a par ailleurs jugé que l'incitation à la haine sectaire se retourne toujours « contre ceux qui l'attisent », et il a souligné à cet effet que le Liban ne pouvait être gouverné que « par l'ensemble de ses composantes ».
Cheikh Nabil Kaouk a qualifié les événements en Égypte de « changement » dans les rapports de force stratégiques dans la région, et représentent un renforcement du rôle de la résistance face à Israël.
Au niveau intérieur, Kaouk a expliqué que le Hezbollah « facilitait » l'action de Nagib Mikati parce que le parti ne s'intéresse qu'à sauver le pays de « la discorde et à le défendre contre les projets américains et israéliens ».
Notons enfin que, dans une lettre ouverte à Saad Hariri, Jamil Sayyed a mis en garde le Premier ministre sortant contre le fait de « profiter » de la sixième commémoration de l'assassinat de son père, Rafic Hariri, « pour allumer les feux de la discorde, par les mensonges et les complots que le peuple libanais connaît maintenant parfaitement ».

