Évoquant, entre autres, les développements politiques en cours sur la scène libanaise, l'ambassadeur iranien a notamment affirmé que son pays « appuie le Liban et soutient tout ce sur quoi pourraient s'entendre les Libanais ». Il a accusé dans ce cadre l'administration américaine d'avoir torpillé la solution syro-saoudite « que l'Iran appuyait et qu'elle continue d'appuyer ». « Les États-Unis, a déclaré M. Abadi, veulent avoir un rôle à jouer dans toute chose et c'est pour cette raison qu'ils ont torpillé la solution syro-saoudite. ».
L'ambassadeur iranien a rappelé sur ce plan qu'avant sa dernière visite à Washington (qui a précédé la démission des ministres du 8 Mars), « le président Hariri avait déclaré que la solution avait été mise au point, ce qui signifiait que les factions libanaises devaient par la suite se réunir pour élaborer un programme d'exécution » (de la solution en question). « Mais malheureusement, les États-Unis ont entravé la solution car à chaque fois ils demandent où se situe leur rôle dans ce qui se passe », a affirmé M. Abadi qui a, par ailleurs, indiqué qu'il avait rendu visite au Premier ministre désigné, Nagib Mikati, afin de discuter avec lui des projets de coopération entre le Liban et l'Iran « qui sont au nombre de 25 et qui sont le fruit de la récente visite du président Hariri à Téhéran, laquelle avait posé les jalons de la coopération entre l'Iran et le Liban ».
La wilayet el-faqih et les ordres de Dieu sur terre
Sur un autre plan, l'ambassadeur d'Iran a évoqué la conjoncture générale dans son pays, mettant l'accent sur les réalisations enregistrées depuis la chute du régime du chah, en 1979, « plus particulièrement au plan démocratique ». « En 32 ans, a-t-il affirmé à ce propos, 32 opérations électorales ont été organisées depuis la victoire de la révolution islamique, soit une élection par an en moyenne, en incluant les élections municipales, législatives, présidentielle et du Conseil consultatif » ( majlis el-choura ).
M. Abadi a par ailleurs relevé que 60 000 conseillers américains se trouvaient en Iran à l'époque du chah, jusqu'à la victoire de la révolution islamique. « L'ambassadeur américain, a affirmé M. Abadi, désignait les ambassadeurs d'Iran à l'étranger et il décidait même du pays où chaque ambassadeur (iranien) était accrédité. »
Et M. Abadi d'ajouter, d'autre part, que « le gouvernement de la wilayet el-faqih (régime des mollahs) est le gouvernement qui exécute les ordres de Dieu sur terre », précisant que le waliy el-faqih (le guide suprême de la République islamique iranienne qui possède des pouvoirs politiques absolus, et qui est reconnu par le Hezbollah comme l'autorité politique suprême de référence) est élu par le peuple (iranien).
Évoquant en outre les développements en Égypte, M. Abadi a réfuté l'opinion selon laquelle la dernière déclaration du guide suprême de la République islamique iranienne, l'imam Ali Khamenei, représentait une ingérence dans les affaires intérieures égyptiennes. L'imam Khamenei a souligné, rappelle-t-on, que les mouvements de contestation populaires en Égypte constituent un prélude à l'instauration d'un régime islamique en Égypte et à la mise en place d'un « Moyen-Orient islamique », d'une manière générale. « Le soutien au peuple égyptien est un devoir national et moral, a déclaré M. Abadi, de même que l'appui aux causes justes, dans n'importe quel endroit où elles se manifestent ».
M. Abadi a démenti à ce propos que l'imam Khamenei ait appelé à l'instauration d'un État islamique en Égypte. « Il s'est prononcé en sa qualité de guide de la République islamique qui s'adressait aux manifestants (de la place el-Tahrir, au Caire) alors qu'ils faisaient leur prière, donnant lieu à un spectacle extraordinaire qui a secoué le monde entier, a souligné M. Abadi. Nous respectons la souveraineté et l'indépendance de tous les États. »

