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Moyen Orient et Monde - Égypte

Souleimane entame des discussions avec les Frères musulmans

La rue reste mobilisée ; démission de la direction du parti de Moubarak.

Des représentants des Frères musulmans ont organisé une conférence de presse après avoir rencontré le vice-président égyptien, hier au Caire. Amr Ahmad/AFP

Sur le plan des efforts visant à mettre un terme à la crise politique, le pouvoir et les Frères musulmans - principale force d'opposition officiellement interdite - ont pour la première fois en un demi-siècle discuté publiquement, en présence d'autres groupes d'opposition. Les participants à cette séance de « dialogue national » se sont mis d'accord sur « une transition pacifique du pouvoir basée sur la Constitution », a indiqué le porte-parole du gouvernement, Magdi Radi, dans un communiqué après la réunion.
Mais les Frères musulmans ont aussitôt dénoncé l'insuffisance des réformes proposées. « Ce communiqué est insuffisant », a déclaré Mohammad Mursi, haut responsable des Frères musulmans, lors d'une conférence de presse. « Les demandes sont toujours les mêmes. Ils (le gouvernement) n'ont pas répondu à la majorité des demandes, ils n'ont répondu qu'à certaines, et de manière superficielle », a précisé Issam al-Aryane, un autre haut responsable de la confrérie.
Il y a eu « consensus » sur « la formation d'un comité qui comptera le pouvoir judiciaire et un certain nombre de personnalités politiques, pour étudier et proposer des amendements constitutionnels et les amendements législatifs requis (...) avant la première semaine de mars », a expliqué néanmoins M. Radi.
Parmi les propositions figurent l'ouverture d'un bureau destiné à recevoir les plaintes concernant les prisonniers politiques, la levée des restrictions imposées aux médias et le rejet de « toute ingérence étrangère dans les affaires égyptiennes », a-t-il ajouté.
Le texte appelle aussi à la levée de l'état d'urgence, « selon la situation sécuritaire ». L'état d'urgence en vigueur en Égypte a été décrété après l'assassinat du président Anouar al-Sadate en 1981 par des islamistes, et constamment reconduit.
Ces décisions ont été prises au cours de discussions réunissant le régime, les Frères musulmans, le parti Wafd (libéral), le Tagammou (gauche), des groupes de jeunes pro-démocratie ayant lancé le mouvement de contestation ainsi que des figures politiques indépendantes et des hommes d'affaires, selon l'agence officielle MENA.
L'opposition a par ailleurs demandé au vice-président Omar Souleimane -nommé vice-président quelques jours après le début de la contestation populaire le 25 janvier - d'assumer les pouvoirs du président Moubarak, mais M. Souleimane a refusé, selon un responsable d'un parti d'opposition qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat.
Également sur le plan politique interne, le bureau exécutif du parti de Hosni Moubarak a démissionné samedi, une étape « positive », selon Washington, vers une transition démocratique.
Suite aux appels répétés de plusieurs pays occidentaux à une transition politique ordonnée et rapide en Égypte, le ministre des Affaires étrangères, Ahmad Aboul Gheit, a déclaré hier que l'Égypte refuse les « diktats » de l'étranger. La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a exprimé un soutien prudent au dialogue entre pouvoir et Frères musulmans préférant « attendre pour juger sur pièces de l'évolution ». L'opposant égyptien le plus en vue, le prix Nobel de la paix Mohammad el-Baradei, a assuré pour sa part ne pas avoir été invité à ce dialogue, qualifiant ces discussions d' « opaques », sur la chaîne américaine NBC. L'ancien vice-président américain Dick Cheney a fait l'éloge de son côté du président égyptien, « un homme bon, un ami et un allié des États-Unis, ce que nous ne devons pas oublier ». La Grande-Bretagne a insisté quant à elle sur la nécessité d'un « changement réel, visible et complet » en Égypte. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé à une « transition démocratique dans les plus brefs délais ».
Sur le terrain, la place el-Tahrir, devenue une place forte de la contestation du pouvoir au Caire, des milliers de manifestants ont continué à exiger le départ du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981, agitant des drapeaux égyptiens et brandissant des banderoles. Les groupes de jeunes à l'origine du soulèvement ont formé une coalition et ont assuré qu'ils n'allaient pas lever leur occupation tant que le président n'aurait pas démissionné. Hier matin, chrétiens et musulmans avaient prié ensemble.
Dans la capitale qui compte 20 millions d'habitants, la vie a repris doucement, de nombreux commerces et banques ouvrant à nouveau leurs portes et la circulation sur les routes et ponts étant rétablie.
Depuis le 3 février, les manifestations se déroulent le plus souvent dans le calme. Des heurts entre policiers et manifestants durant les premiers jours de la contestation, puis entre militants pro et anti-Moubarak le 2 février, ont fait au moins 300 morts, selon un bilan non confirmé de l'ONU, et des milliers de blessés, selon des sources officielles et médicales. La chaîne de télévision satellitaire qatarie al-Jazira a annoncé hier qu'un nouveau journaliste de son équipe avait été arrêté au Caire, où un de ses collègues est toujours retenu.
Dans la soirée, le ministère des Affaires étrangères a par ailleurs accusé, sans les nommer, des diplomates étrangers d'avoir tenté de faire entrer des armes dans le pays.

Sur le plan des efforts visant à mettre un terme à la crise politique, le pouvoir et les Frères musulmans - principale force d'opposition officiellement interdite - ont pour la première fois en un demi-siècle discuté publiquement, en présence d'autres groupes d'opposition. Les participants à cette séance de « dialogue national » se sont mis d'accord sur « une transition pacifique du pouvoir basée sur la Constitution », a indiqué le porte-parole du gouvernement, Magdi Radi, dans un communiqué après la réunion.Mais les Frères musulmans ont aussitôt dénoncé l'insuffisance des réformes proposées. « Ce communiqué est insuffisant », a déclaré Mohammad Mursi, haut responsable des Frères musulmans, lors d'une conférence de presse. « Les demandes sont toujours les mêmes. Ils (le gouvernement) n'ont pas...
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