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Économie - Brut

Le raffinage français s'enfonce dans la crise malgré l'envolée du pétrole

À rebours du reste de l'industrie pétrolière, le raffinage français continue à s'enfoncer dans la crise malgré la flambée des cours du pétrole brut, qui ne profite pas à un secteur plombé par une baisse structurelle de la demande.

Au total, plus de 40% du raffinage français est toujours paralysé.

Après avoir affiché une perte d'un milliard d'euros en 2009, les raffineries hexagonales ont perdu "des centaines de millions" en 2010, a annoncé vendredi Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip).
"C'est une situation de crise", s'est alarmé le responsable de l'organisation patronale.
Une crise qui n'est cependant pas nouvelle. La France métropolitaine, qui comptait 23 raffineries à la fin des années 70, n'en recense plus que 12 aujourd'hui.
Avec la construction du parc nucléaire français, une dizaine de petites raffineries ont dû fermer dans les années 80, en raison de la contraction de la demande de fioul lourd jusqu'alors utilisé par les centrales électriques.
Depuis 1999, la demande de pétrole a encore reculé de 11,5% en France, rendant superflue une partie des capacités de raffinage. A cela s'ajoute une concurrence accrue des pays émergents, qui transforment le pétrole brut à moindre coût, en raison notamment de contraintes environnementales plus laxistes.
Et l'exportation des surplus français s'avère de plus en plus difficile, du fait de la baisse généralisée de la demande d'or noir dans les pays industrialisés.
Dans ce contexte morose, la rentabilité du secteur a chuté. La marge des raffineurs européens est ainsi tombée à 15 euros par tonne de pétrole transformée en 2009, alors que l'industrie française estime qu'elle n'est pas rentable en dessous de 25 euros/tonne environ.
Après un léger redressement en 2010 (à 21 euros/tonne), la marge a rechuté à seulement 5 euros en janvier 2011. "À ce niveau-là, les raffineries à l'arrêt pour travaux n'ont pas intérêt à redémarrer", estime Jean-Louis Schilansky.
Face à cette crise, les raffineurs ont entrepris de réduire leurs capacités de production, en vendant ou en fermant des sites.
En France, le groupe Total a arrêté sa raffinerie de Dunkerque (Nord). La compagnie pétrolière suisse Petroplus entend faire de même avec sa raffinerie de Reichstett (Bas-Rhin). Et quatre autres sites ont subi le même sort en Europe depuis 2009, selon le dernier rapport de l'Agence internationale de l'Energie (AIE).
La liste risque encore de s'allonger, selon un rapport sur l'avenir du raffinage français, corédigé par l'industrie pétrolière, les syndicats et les pouvoirs publics.
En tablant sur une baisse de 20% de la consommation de pétrole d'ici à 2020 (par rapport à 2005), "la fermeture de 2 ou 3 raffineries en France est à craindre si rien n’est fait pour investir dans la pérennité de l’outil", estime ce rapport qui précise que cela représente 1 200 à 2 000 emplois directs et indirects.
Pour conjurer ces mauvais augures, les syndicats réclament que les compagnies pétrolières réinvestissent dans le raffinage les colossaux bénéfices réalisés dans la production de pétrole.
En 2010, Total devrait par exemple empocher environ 10 milliards d'euros de profits mais perdre 600 millions dans sa branche raffinage.
Mais les pétroliers rechignent à réaliser ces investissements qu'ils jugent peu rentables économiquement. En outre, plusieurs raffineries françaises appartiennent à des groupes qui ne produisent pas de pétrole (Ineos, Petroplus, LyondellBasell) et n'ont donc pas les mêmes moyens financiers que Total.
Ineos s'est récemment allié au pétrolier chinois PetroChina pour assurer l'avenir de ses sites de Lavéra (Bouches-du-Rhône) et de Grangemouth (Ecosse).
Une bonne nouvelle pour l'emploi local, selon l'AIE, mais qui aura peu d'impact sur les "excédents de capacité de raffinage" au niveau européen.
Après avoir affiché une perte d'un milliard d'euros en 2009, les raffineries hexagonales ont perdu "des centaines de millions" en 2010, a annoncé vendredi Jean-Louis Schilansky, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip)."C'est une situation de crise", s'est alarmé le responsable de l'organisation patronale.Une crise qui n'est cependant pas nouvelle. La France métropolitaine, qui comptait 23 raffineries à la fin des années 70, n'en recense plus que 12 aujourd'hui.Avec la construction du parc nucléaire français, une dizaine de petites raffineries ont dû fermer dans les années 80, en raison de la contraction de la demande de fioul lourd jusqu'alors utilisé par les centrales électriques.Depuis 1999, la demande de pétrole a encore reculé de 11,5% en France, rendant superflue une partie des...
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