M. Harb a affirmé que le 14 Mars a « révisé sa position de principe de ne pas entrer au gouvernement » et que l'alliance « accepte la participation si les principes fondamentaux auxquels elle est attachée ne sont pas remis en cause ».
Toutefois, a ajouté M. Harb, « les forces du 8 Mars ne permettront pas la formation d'un cabinet d'union nationale et veulent accaparer le pouvoir. Et, dans un tel esprit, le Premier ministre désigné ne serait pas en mesure de mettre sur pied une équipe ministérielle ».
Démentant « toutes les allégations sur la participation au gouvernement d'une composante du 14 Mars sans les autres », M. Harb a souligné que « la guerre qui est menée aujourd'hui contre le 14 Mars de la part du 8 Mars le sera demain contre le président de la République, dans la mesure où c'est ce camp qui forme le gouvernement et non M. Mikati ».
Allant dans le même sens, le député Ahmad Fatfat a relevé qu'il existe « une distribution des rôles au sein du 8 Mars, le secrétaire général du Hezbollah se chargeant de désigner le chef du gouvernement et le général Michel Aoun de former le cabinet ».
« Il faut que M. Mikati se prononce sur ces anomalies », a ajouté M. Fatfat. « Il faut aussi, en plus des réponses à nos questions, qu'il nous dise ce qu'il pense des propos du général Aoun, selon lequel tous ceux qui entreraient au gouvernement doivent s'aligner sur les positions du 8 Mars, et de ceux du député Sleiman Frangié, qui s'est déclaré pour un gouvernement de voyous. M. Mikati accepterait-il d'être le chef d'un gouvernement de voyous ? » s'est-il interrogé.
Nadim Gemayel contre une participation
Se montrant plutôt hostile à toute participation de l'ex-majorité au prochain cabinet, le député de Beyrouth Nadim Gemayel a estimé que « cela ferait perdre leur crédibilité aux forces du 14 Mars ». « Nous entrerons uniquement au gouvernement lorsque le Premier ministre désigné aura une position claire et donnera des garanties sûres au sujet du tribunal international », a toutefois ajouté Nadim Gemayel.
Notant lui aussi que le général Aoun « se comporte depuis la nomination de M. Mikati comme s'il était lui-même le chef du gouvernement », M. Gemayel a par ailleurs nié toute volonté de démissionner du parti Kataëb, tout en reconnaissant qu'il existe « plusieurs points de vue au sein du parti sur l'ensemble des sujets, et non seulement l'entrée au gouvernement ». « Nous nous concertons et puis le bureau politique prend la décision, que tout le monde respecte », a-t-il dit.
Enfin, le député de Beyrouth n'a pas écarté le retour, à terme, du chef du PSP, Walid Joumblatt, dans les rangs du 14 Mars. « Il pourrait dans le futur tirer les leçons de la géopolitique à partir d'un autre angle, tout comme il avait fait en 2005 », a-t-il dit.
De Freige invite Mikati à la « clarté »
« Ce que nous voulons du Premier ministre désigné, c'est qu'il nous dise clairement ce qu'il pense de nos sujets d'inquiétude en tant que camp du 14 Mars, tout comme nous avions été clairs lorsque nous avions pris en compte les sujets d'inquiétude du 8 Mars et formé un gouvernement d'union nationale représentant toutes les parties », a résumé, pour sa part, Nabil de Freige, également député de la capitale.
« Ce qui est véritablement irritant, c'est que les réponses aux questions que nous adressons à M. Mikati nous viennent de toutes parts, mais pas de M. Mikati lui-même », a ajouté M. de Freige.
Selon lui, il est clair que le camp du 8 Mars « ne laisse pas au Premier ministre désigné la marge de manœuvre nécessaire pour pouvoir discuter et négocier ».
De façon encore plus concise, l'ancien député Moustapha Allouche, membre du bureau politique du Courant du futur, a souligné que « le mot de la fin au sujet de l'entrée au gouvernement dépend de la décision que prendra M. Mikati ». « Ou bien il voudra faire participer tout le monde, ou bien il subira les pressions de ceux qui l'ont désigné pour former un cabinet monochrome », a-t-il dit.
Le député FL Antoine Zahra a admis que M. Mikati « déploie des efforts soutenus, réels et sincères en vue de former un gouvernement rassembleur ». « Mais les arrière-pensées de ceux qui l'ont désigné se sont à présent clairement dévoilées et leur objectif est de mettre le 14 Mars à l'écart », a ajouté M. Zahra.
Le député de Batroun n'a pas exclu que le 8 Mars « ne veuille pas former de gouvernement, car il serait peut-être préférable aux yeux du Hezbollah qu'au moment de la publication de l'acte d'accusation et des inculpations, il n'y ait pas au Liban un pouvoir capable de répondre et de prendre position ».
« Il se peut très bien que dans leurs calculs, ils aient jugé qu'il vaudrait mieux ne pas y faire face frontalement, de manière à éviter un affrontement direct et public avec la communauté internationale, les Nations unies et le TSL », a souligné M. Zahra.
Le secrétaire du Mouvement du Renouveau démocratique (RD, de Nassib Lahoud), Antoine Haddad, a quant à lui exprimé ses craintes de la formation d'un gouvernement monochrome. « Cela n'est pas, de façon générale, dans l'intérêt du Liban, et ne ressemble pas à M. Mikati. Au contraire, il perdrait, le cas échéant, de son crédit et de sa position d'homme politique consensuel et centriste », a estimé M. Haddad.
Enfin, l'ancien député Salah Honein a proposé, pour sa part, qu'en cas de non-participation du 14 Mars au gouvernement, onze ministères sur trente soient attribués au président de la République, de manière à faire de lui « un acteur efficace et fort au sein du gouvernement ».
« Certains de ceux qui prétendent vouloir renforcer les prérogatives du chef de l'État veulent qu'il n'ait aucune part au sein du cabinet Mikati », a-t-il déploré.
M. Honein a estimé par ailleurs que le 14 Mars avait commis « une grande erreur en ne formant pas un gouvernement de la majorité au lendemain des élections législatives de 2009 ».


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