Des tentes, montées de portraits du président Ali Abdallah Saleh et du drapeau national, ont été dressées sur la place Tahrir, fortement contrôlée par des hommes en armes et des forces de sécurité, alors que s'y activaient des centaines de partisans du Congrès populaire général (CPG), le parti au pouvoir.
« Nos partisans vont continuer à organiser des rassemblements et des manifestations sur la place Tahrir jusqu'à ce que les partis du Forum commun (alliance de l'opposition parlementaire) renoncent à leur position maximaliste », a déclaré à l'AFP un porte-parole du CPG, Tarek al-Chami.
Le CPG a dès mercredi pris le contrôle de la place Tahrir, délogeant l'opposition qui a dû organiser jeudi une manifestation, prévue sur cette place, dans les alentours de l'université de Sanaa.
Des membres de la police secrète ont été déployés dans des immeubles situés autour de la place Tahrir, y compris un bâtiment abritant les services de renseignements, a confié vendredi à l'AFP une source des services de sécurité.
Le pouvoir entend ainsi priver l'opposition de cette place, en plein centre de Sanaa, pour les protestations populaires qu'elle organise depuis la mi-janvier, dans la foulée de la révolte tunisienne et des violentes manifestations en Égypte réclamant le départ du président Hosni Moubarak.
La place Tahrir accueille habituellement les contestataires à Sanaa, tout comme la place du Caire qui porte le même nom, théâtre d'affrontements mercredi et jeudi entre adversaires et partisans du président Hosni Moubarak.
Jeudi, l'opposition yéménite avait rassemblé des dizaines de milliers de ses partisans près de l'université de Sanaa pour réclamer un changement de régime, malgré des concessions annoncées sous la pression de la rue par le président Saleh.

